Bellzouzou, Pensées profondes, livre XIII verset 126:
"Un blog, ce n'est pas ce qui vous arrive. C'est ce que vous choisissez de dire de ce qui vous arrive, et comment vous le dites."

Bellzouzou, Pensées profondes, livre XXIV verset 777:
"Tout est vrai, seul le reste est (peut-être) faux."

jeudi 29 octobre 2020

Brèves de vacances #2

Le Havre vs Honfleur.
Sans trucage et sans commentaire.

Alors quoi de neuf, la Zouzou? me demande la foule impatiente (euh.)
L'Ours et moi sommes allés en doudou croque-love visiter le Havre, dont on (qu'il se dénonce) nous avait dit qu'elle valait le détour (classée Patrimoine Mondial en 2005, toussa). Sûr qu'elle vaut le détour, vu qu'on a rarement vu plus froid, plus lugubre, j'ai eu l'impression que Big Brother planait au-dessus de la ville (je jure), heureusement qu'il y a la mer, -bonne mère-, ce serait terrible sinon, c'est bien simple: on est partis plus tôt que prévu, marre de tout ce béton, on est allés voir les falaises d'Etretat, puis le port d'Honfleur, des valeurs sûres, hein.

Pour le reste, le reconfinement-sa-mère, je me garderai bien de commenter quoi que ce soit puisque je suis incapable d'avoir les idées claires là-dessus, moi qui suis à la fois soulagée de continuer à aller travailler (tout sauf rester confinée à l'intérieur tout en assurant le distanciel avec mes élèves, merci bien), en colère qu'on (qu'il se dénonce) ne veuille pas reconnaître que les profs vont aller bosser dans des nids à virus encore plus que d'habe, et qu'on nous embrouille avec des injonctions contradictoires sans arrêt (tiens donc, le port du masque deviendrait obligatoire en classe dès 6 ans? mais bon sang c'est pas comme si on nous avait répété et répété et répété as-tu bien compris à la fin? que les enfants n'étaient pas contaminants, à l'école en tout cas, parce qu'on nous a bien répété aussi qu'ils ne devaient pas aller voir leur grand-mère)(qu'on m'essplique si c'est moi qui ne comprends rien), et angoissée par l'évolution de la situation, qui nous échappe.

En tout cas, je sais comment occuper mes heures perdues de confinement: on (qu'elle se dénonce) a mis la plante verte de la salle de bain en lambeaux, de la terre partout, et ensuite on  a vomi proprement des bouts de feuilles mâchouillés sur le tapis à côté pour finir proprement le travail. J'envisage de me faire un nouveau tapis de salle de bain en peau de panthère véritable du plus bel effet.

mercredi 21 octobre 2020

Brèves de vacances.

(Mon clavier a décidé arbitrairement que ça deviendrait très difficile de taper les A. Or des A, on a besoin d'en taper souvent, au cas où tu n'aurais pas remarqué. Bien souvent que des Z. Je dis ça, parce qu'avant, c'était les Z qui étaient difficiles à écrire. Mais tout est rentré dans l'ordre pour le Z, alors j'espère bien que ça sera pareil pour le A. Bref.)

J'ai passé un weekend délicieux chez Minipuce à Nantes où j'ai été reçue comme une reine (avec tout le tralala)(ce dernier mot, qu'il n'est absolument pas dans mes habitudes d'employer, c'est pour appuyer sur mon A pour le détendre, c'est pour ça). Il a fait un temps magnifique, et nous avons marché plus de 25 kilomètres en deux jours, c'est pas moi qui le dis, c'est mon téléphone qui compte mes pas sans que je lui aie jamais rien demandé.

J'ai vu Drunk, le dernier film de Mads (tous les gens qui m'écrivent ici ou là pour me dire Tu sais quoi?ton Mads vient de sortir un film!! nan mais ahahah les amis, je s.a.i.s, tu penses, quand il sort un film, mon chaton, pff, et je vais le voir ventre à terre dès sa sortie.) Je n'ai pas aimé le film, d'ailleurs, si tu veux savoir: cette histoire de vieux gars déprimés qui décident de se mettre à boire pour mettre un peu de paillettes dans leur vie Kevin ne m'a pas beaucoup intéressée, et s'il n'y avait pas eu du Mads dedans je crois bien que je me serais endormie sans vergogne (exception faite de la scène finale néanmoins, très réussie, qui rattrape un peu tout le reste).

Côté lecture, j'ai aimé, beaucoup beaucoup, Le père de la petite, de Marie Sizun.

Et chaque jour, chaque nuit depuis vendredi, j'ai pensé à notre collègue Samuel Paty. Désespérée. Horrifiée. En colère. 

lundi 12 octobre 2020

Brèves d'école (namécésûr)

Une petite qui lève la main quand je demande le lundi matin à mes élèves ce qu'ils ont fait de leur dimanche: Moi, j'ai rencontré Jésus. (Une qui va mal finir je vous le dis, namécésûr.)

Une autre qui se trompe en écrivant son prénom et à qui je dis "Ce n'est pas grave: transforme le I en R avec ton crayon!" Mais maîtresse, je suis pas une magicienne moi, je suis une fille! Namécésûr.

Une maman:  je sais pourquoi mon fils se roule par terre en criant dès qu'il est contrarié! c'est parce qu'il ne comprend rien à ce que vous lui dites! je vais vous apprendre quelques phrases en (langue maternelle parlée à la maison) et après tout ira mieux, vous verrez! Namécésûr.

Ce matin, on a fait deuzennun l'exercice d'entraînement en cas d'intrusion malveillante dans l'école plusse la fotodklass. Blanquer, ma prime au mérite et que ça saute, je te prie! Autant dire que tout aspirant profdézécoles (s'il en existait encore par hasard) qui assisterait à une matinée pareille serait immanquablement et définitivement dégoûté du métier,  namécésûr.

mercredi 7 octobre 2020

On a ses petites préférences.

 Bellzouzou l'aïeule, au beau milieu d'une conversation au téléphone avec moi:

"- aaaah! attends: j'ai un appel sur mon fixe... aah!(en extase) c'est Brisefer! je décroche, ne quitte pas, toi! (je l'entends qui parle avec Brisefer, elle doit avoir un combiné sur chaque oreille)

- maman, on se rappellera plus tard toutes les deux? je vois bien que tu as tes petites préférences.

- mais non, pas du tout, qu'est-ce que tu vas imaginer? je..(elle me raccroche au nez.)"

lundi 5 octobre 2020

Vrac, micmac et foutrac du dimanche soir

(Enfer et putréfaction, mais c'est déjà lundi!)


J'ai des petits élèves cette année, comme je n'en ai jamais eu de si mignons: calmes, attentifs, gentils et avec bon esprit, et puis autonomes comme jamais j'aurais cru que c'était possible en tout début d'année. Cherry on the cake, ils sont assez peu nombreux (vingt). Résultat: ils bossent avec plaisir et l'inverciproque, genre ils me mettent de bonne humeur même quand le matin je suis arrivée malpoilue. (A croire qu'ils ont senti qu'il fallait qu'ils soient chouettes cette année tellement j'en (av)ai(s) marre de ce métier, (et autant vous dire que je ne suis pas la seule, vu que je suis entourée de collègues qui quittent le navire pour faire (carrément) autre chose). En tout cas, ce qui ne m'aura jamais quittée depuis mes débuts dans ce métier, c'est ma (très grande) facilité à choper la moindre cochonnerie qui passe et à être tout le temps mal fichue. Et fatiguée, mandieumandieu. Si je n'ai pas encore attrapé le covid, c'est que je bois consciencieusement mon eau de javel, merci.

Côté lectures, je remercie la lectrice qui m'avait conseillé Olive Kitteridge d'Elizabeth Stout (Pulitzer 2009), que j'ai beaucoup aimé (et je découvre en vérifiant l'orthographe qu'il en a été tiré une série que j'ai très envie de voir, du coup), et je suis en train de lire Summer Mélodie de David Nicholls qui me plaît bien aussi.

[Ami Chartrain, si tu ne sais pas comment occuper ton samedi soir prochain, viens au joli théâtre du Petit Larris à Oisème où ma petite troupe de la mort et moi on se produit à 21H tapantes.]

mardi 29 septembre 2020

Le plancher des vaches.

J'ai eu un peu de mal à revenir sur le plancher des vaches après un très chouette weekend un peu hors du temps dans les Ardennes profondes durant lequel en plus de manger comme vingt, de ne pas dormir beaucoup aah ça non, et de me geler le fond de fesses comme rarement, j'ai joué avec mes amis théâtreux dans une grange à foin, sur une remorque à tracteur aménagée en scène (je jure) devant une bonne centaine de spectateurs bien aimables [je dis bien aimables, parce que si je ne les voyais pas (du tout du tout: en plus d'être dans le noir, ils étaient masqués et enroulés dans des plaids)(je jure encore)(froid de gueux, vraiment) j'ai senti leur bienveillante attention pendant la représentation, comme une vraie professionnelle que je suis (et pour jouer dans l'odeur des taurillons sur une remorque à tracteur dans une grange à foin, il faut en être une, et une vraie (crois-moi)]. Bref, c'était bien sympa, et j'en ressors avec la conviction que je peux désormais tout faire: j'ai joué sur une remorque à tracteur, quoi, demandez-moi n'importe quoi, je vous le fais, allez.

parce que j'ai l'impression..

..que tu ne me crois qu'à moitié.

dimanche 20 septembre 2020

Vrac, micmac et foutrac du dimanche soir.

photo prise cet été à Carpentras, ville que j'ai trouvée assez moche,
(pardon les Carpentrassieuses et Carpentrassieux)
(vraie méchanceté gratuite) (j'aime ça, être mauvaise.)

Quand je pense que je me suis offusquée d'avoir eu, dès les tout premiers jours de rentrée, un cas de covid avéré dans ma classe (je peux le dire, maintenant) et aucune mesure d'isolement ni des autres élèves ni des deux enseignantes ni de l'atsem, aucune proposition de tester qui que ce soit et disons-le clairement aucune information sur rien (ce qui allait se passer, ce qui allait être décidé en haut lieu dans les plus brefs délais, imaginais-je) (rien de rien, et surtout pas ce qui était prévu dans le protocole, en tout cas) (r.i.e.n, sauf qu'il fallait se taire pour ne pas affoler tout le monde) (on a dû insister pour que soient prévenus quand même les parents d'élèves de la classe) (ce qui a été fait plus de quinze jours après l'isolement de l'enfant malade) (tu lis bien) (mais ce qui est bien, je vais te dire, c'est que quinze jours après, plus personne ne s'est inquiété, vu qu'on ne risquait plus rien)(pour cette fois) (hum),

quand je pense que je me suis offusquée de tout ça, disais-je, alors que notre ministre de la santé vient d'annoncer un assouplissement sanitaire (naaan?) dans les écoles, et qu'il pourra bien y avoir un cas de covid dans une classe, on ne la fermera pas pour si peu. Et dans ton cu-bitus, l'offusquation. Et puis du coup, les masques, hein. Les chirurgicaux, qu'on se paye sur nos propres deniers vu qu'on n'est pas encore bien sûrs que ceux qu'on nous a fournis nous protègent bien comme il faudrait. Bah les chir m'a dit une maman infirmière, ils sont pleins de produits toxiques et respirer là-dedans toute la journée points de suspension. (En attendant, depuis qu'elle m'a dit ça, j'ai des boutons tout autour de la bouche, c'est psychosomatique, vous croyez?)

J'envisage donc de porter mon masque-culotte qui ne me protège pas assez plusse mon masque chir par-dessus qui pue le produit chimique. En plus ça me tiendra chaud pour l'hiver, trop bien.

A part ça, je suis en train de lire Il est des hommes qui se perdront toujours de Rebecca Lighieri et ça me plaît é-nooor-mé-ment, j'ai vu un très bon film israëlien, Working woman, et au ciné (où je n'avais pas remis les pieds depuis, fouhlààà, je sais même plus) Antoinette dans les Cévennes, drôle et touchant du début à la fin, j'ai adoré, je suis allée avec copine F. à mon premier bric à brac post confinement, et j'ai fait des moules marinières/ frites de tonnerre et pas grand chose d'autre. La semaine qui arrive est chargée et bien pourrie, mais le weekend prochain je joue dans les Ardennes avec mes copains théâtreux, au milieu des vaches et sous la pluie paraît-il (j'emmène mes bottes) et ça, c'est yihaaah.

mercredi 16 septembre 2020

Brèves d'école (fraîchement édité)

Une cocotte, qui revient avec la mascotte de la classe après le weekend qu'elle a passé chez elle: 
Bon tu sais maîtresse, ça s'est tout bien passé, sauf que Loup a eu très mal aux oreilles parce que papa et maman ils se sont criés très très fort, mais après Loup il a plus eu mal aux oreilles parce que papa il est parti dormir chez tata Magali 
(l'autre version de *Je retourne chez ma mère!*).

Un père d'élève à son fils de quatre ans à l'heure de la sortie: Ah, tu boudes, tu pleures, tu fais une colère, tu n'es pas content que je sois venu te chercher après l'école parce que tu préfèrerais aller à la garderie comme tous les soirs, pauvre chéri?! bon ben je m'en vais et je reviendrai te chercher plus tard, mais tu pleureras pas quand je reviens, hein, d'accord?d'accord?
Variante: une maman à la maîtresse: vous savez vous, pourquoi elle pleure en me voyant? elle dit qu'elle veut que ce soit son papa qui vienne la chercher, je la connais elle ne voudra pas céder: vous croyez que je peux vous la laisser cinq minutes, le temps d'appeler le papa pour qu'il vienne?
(C'est moi ou on s'enfonce de plus en plus le cul dans les ronces?)


[Côté lecture, je viens de finir Yoga d'Emmanuel Carrère. Comme chaque fois avec lui, c'est une lecture qui exige qu'on s'y consacre entièrement, qu'on soit pleinement "dedans", d'autant qu'elle part un peu dans tous les sens, et qu'il y est question de méditation (sujet qui ne m'intéresse pas beaucoup, à priori) à laquelle Carrère relie tout, son stage de yoga intensif du début du livre mais aussi sa dépression sévère et son internement en psychiatrie, les attaques contre Charlie Hebdo, son séjour sur l'île de Leros pour travailler à des ateliers d'écriture avec des migrants, sa (très belle) furtive et secrète histoire d'amour, sa bipolarité, son lent retour vers la vie.
Comme les troubles bipolaires dont il parle, comme le yin et le yang dont il parle aussi, je me suis à la fois un peu ennuyée (au début surtout: les différentes pratiques du yoga, la respiration, Alex et Alain Térieur, j'inspire j'expire et quel effet ça fait sur mes narines, ah oui, bof), et ça m'a plu beaucoup, selon les pages. Et puis son écriture a quelque chose de poétique, au delà du fait qu'il (ré)cite un certain nombre de poèmes, et quand à la fin du livre il dit qu'il ne lit presque plus que de la poésie, on se dit Ah oui.
On a l'impression de bien connaître Carrère et de le découvrir à chaque fois. Il nous insupporte souvent, avec son je mon ego ma vie mon oeuvre et moi même, mais il le sait il en parle il en souffre, on ne peut pas lui en vouloir.
Et pour finir, je suis toujours aussi surprise quand les livres se mêlent de façon si nette à la (ma) vie, ici d'apprendre que Carrère tremblait, enfant, en écoutant l'histoire de La chèvre de Monsieur Seguin racontée par Fernandel chez le Petit Menestrel au point de s'en souvenir encore, de la même façon que je tremble encore en lisant ces mots page 198 " Et au matainnng, le loup la mannngea".]

Edit (eh dites!): comme je ne dors plus la nuit depuis que je me suis souvenue de la chèvre de M. Seguin (pauvre de moi), j'ai fait ma petite enquête, et il s'avère que, comme il se trouve que je suis (beaaaucoup) plus jeune qu'Emmanuel Carrère, j'ai eu droit, non pas à la version de Fernandel, qu'en fin de compte je crois n'avoir jamais entendue, mais à celle de Galabru (qui ne peut qu'être encore pire encore, vous pensez bien).

dimanche 13 septembre 2020

Vrac micmac et foutrac du dimanche soir

Si on avait encore un doute, la première question du médecin scolaire en cas de covid déclaré dans une classe, c'est "quel type de masque portait l'enseignant? si c'est un masque en tissu, il doit être placé à l'isolement, il est cas contact. L'atsem portait un chir? ok, elle c'est bon, elle était protégée, elle peut continuer à rester dans la classe". Euh. wait.a.minute.pliize. On porte ce qui nous a été fourni par notre employeur. Jamais on ne douterait qu'il donne le meilleur à ses agents quand il s'agit de leur protection. Jamais on n'imaginerait qu'il veuille faire des économies de peau de saucisson sur le dos de leur sécurité. Ça ne serait pas du tout son genre. (Alors oui, j'ai remis mes chirurgicaux dare dare, fini de rigoler. Tant pis s'ils puent et grattent le nez, hein, je préfère ça aux masques-culottes, tout compte fait.) 

Pour le reste, je n'ai aucunement confiance en la façon dont on gère les cas de covid avérés dans les écoles (chuuuut chuuuut) et quand on me dit de ne pas m'inquiéter, pardon, mais avec votre permission je m'inquiète quand même, quand on sait ce qu'on sait, quand on voit ce qu'on voit, on a raison de penser ce qu'on pense, (crois-moi).

Bref, heureusement que j'ai pu penser à autre chose ce weekend avec Emmanuel Carrère et son Yoga (je suis un peu mitigée pour le moment, j'en cause dès qu'il est fini), avec un dîner entre amis sur la terrasse, avec dix kilos de pommes ratatinées et véreuses (mais bios, hein) de mon pommier que j'ai décortiquées minutieusement (pour en tirer un petit verre de compote) (et l'impression d'avoir un chouïa perdu mon temps), avec du farniente (niente di niente) sur l'herbe, et avec un film magnifique, Adam, de la marocaine Maryam Touzani.

mercredi 9 septembre 2020

Le mercredi.

le mercredi je change mes draps et  je dormirai bien cette nuit

le mercredi souvent je vais papothéer en ville avec quelqu'un que j'aime

le mercredi c'est une journée volée en plein milieu de la semaine

le mercredi c'est la journée des enfants, mais plus pour moi, et j'aime me rappeler les mercredis courses/ taxis/devoirs de jadis pour mieux apprécier encore le goût des mercredis d'aujourd'hui

le mercredi je prends mon temps, le mercredi je dis oui, le mercredi je rêve, le mercredi j'attends, le mercredi j'ai envie.

mardi 8 septembre 2020

En passant.

Alors il semblerait qu'il faille être prof pour bien porter le masque-culotte.

Et sinon, le lycée ça creuse, si j'en crois le goûter de Puceminus quand elle en rentre: glace au choc' et pâté de foie (oui, dans cet ordre).

dimanche 6 septembre 2020

Vrac micmac et foutrac du dimanche soir.

[Première fois que ça m'arrive en plus de quatorze ans de blog: mon billet tout entier, looong comme un jour sans fromage, qui s'efface, complètement, définitivement, d'un seul coup d'un seul, au moment où je l'enregistre. Booon. Je recommence, hein, mais c'est marre, un peu.]

J'ai une classe bien mignonne cette année, et des petits élèves choupinous et calmes vingtdiou, à tel point qu'on entend parfaitement bien les deux petits de la classe d'à côté qui hurlent touteu.la.journée (sans exagérer), la palme d'or au petit qui, de colère, s'allonge par terre en braillant, et qu'il est strictement impossible de relever (on est plusieurs à avoir essayé). Au cours de la journée, on le trouve donc allongé dans le couloir, allongé dans la cour, allongé dans les toilettes. C'est un concept, hein.
Tous les ans j'ai dans ma classe une perle d'enfant, mais cette année j'ai une perle nacrée, une singulière (toute) petite cocotte qui cause comme le dictionnaire mais en mieux, et touchante et drôle avec ça, chaque matin d'école je me lève comme un ressort (presque) à l'idée de ce qu'elle va me raconter.
J'ai aussi une petite élève qui s'appelle comme Mina-bête-féroce à une lettre près, j'avoue que c'est compliqué pour moi. Mais bon: l'an dernier j'avais une cocotte qui s'appelait comme Minimignonne, et qui m'a répété toute l'année ad libitum à chaque fois que je lui disais quelque chose que J'fais c'que j'veeeeeux! et c'était dur aussi. (Ma vie est parsemée d'épines de rose).

A part ça, j'arrête de me plaindre au sujet des masques, parce que figure-toi qu'on en a reçu six par tête de pipe, lavables et doux comme de la peau de petite culotte, qui ne piquent pas le nez comme les chirurgicaux. Si on en croit la notice, il faut les laver à 60° minimum et ne suuuuurtout pas petite malheureuse les laisser sécher à l'air libre, mais au sèche-linge ou au sèche-cheveux. Je veux bien faire tout ça, mais primo ça sera un peu de ma bonne conscience écolo qui s'envole et deuzio j'aurai moins de temps pour préparer ma classe, il faut le savoir.

Puisqu'on est dans les bonnes nouvelles, un remplaçant à qui je disais que j'avais travaillé il y a 23 ans dans l'école dont il me parlait m'a rétorqué tout ce qu'il y a de plus spontané je t'assure, que Ben ça dis donc je ne faisais pas mon âge. Comme nous étions tous les deux masqués, je suis heureuse de t'annoncer qu'indéniablement je fais jeune des yeux, et tu m'en vois ravie.

Puceminus ma toute petite a fait sa rentrée en Première, donc, et n'a pas le prof de français qu'eut sa soeur en son temps, et la famille toute entière a poussé un soupir de soulagement tel qu'il a fait le bruit du mur du son quand il pète (au moins). Elle a en revanche un prof de maths qui donne ses contrôles en anglais comme si on avait besoin de ça non mais sans blague, et le (trèstrès) très beau prof d'histoire de l'an dernier, celui qui met tout le monde d'accord et surtout sa mère (celle de Puceminus, je veux dire) qui aime de façon notoire les belles choses. 

n'est-ce pas?

Tout se présente plutôt bien donc, et ça sera parfait si la participation de ma petite troupe de la mort à un festival de théâtre dans les Ardennes à la fin du mois n'est pas annulée au dernier moment pour cause de tu sais quoi qui a déjà causé l'annulation d'une représentation et tout un weekend en Bretagne en mai dernier que je ne lui ai toujours pas pardonné. (On fait les répètes tout en distanciation sociale et masque sur la goule, ça aussi c'est un sacré concept.)

dimanche 30 août 2020

Vrac micmac et foutrac du dimanche soir (c'est repartiiii!)

Une pré rentrée vendredi comme d'habitude et tellement différente aussi.
Sans masque fourni par notre employeur, tu noteras, -pour les deux jours de pré rentrée tout au moins. Le "On est prêt, on est prêt" pour cette rentrée claironné sous tous les toits par notre ministre, ça commence bien, hein.
Cela dit, si c'est pour nous donner des masques comme ceux qu'on a eus en fin d'année dernière, merci bien:

Seyants, 
(uuultra) pratiques, 
maintien parfait sur la goule, 
je recommande, hein.
 (L'Education Nationale, cet employeur toujours si exemplaire envers ses agents.)


A part ça, dix-sept points de laser plus tard, je devrais y revoir clair comme dans de l'eau de roche de l'oeil droit d'ici un petit mois et c'est pas dommage, Minipuce s'en est repartie et ne reviendra pas avant Noël et c'est très dommage en revanche, j'ai commencé La vie mensongère des adultes d'Elena Ferrante et c'est pas mal sans plus, je me suis dépoilé les pattes avant d'entendre à la météo que le beau temps se faisait la malle si j'avais su je serais restée au chaud pilairement parlant, j'ai passé mon dimanche avec Brisefer mon fils et Minimignonne pas vus de l'été, Puceminus-ma-toute-petite entre en Première et je me pince pour y croire.
Donnez-moi de vos nouvelles et faites-moi rire un peu, parce que ce temps d'aujourd'hui, je sais pas vous, mais moi ça me déprime bien.

dimanche 23 août 2020

Carte postale #10- à taaable!

Je  regarde bien à chaque fois que je passe à côté d'une table depuis que Blanquer a dit que la revalorisation des profs était dessus, (il nous aurait fait gagner du temps à tous en précisant sur laquelle il l'avait posée, mais bon), rien pour l'instant, hein, mais je vous tiens au jus. Et ne me dites pas que sur la table ça veut dire dans ton cul, soyez pas vulgaires, hein, est-ce que je le suis, moi?

Bref, avec (toutes ces conneries) tout ça, j'entends bien profiter pleinement de ma dernière semaine de vacances. Alors pour ces jours-ci, j'ai donc prévu de manger du far breton de Minipuce (elle est Nantaise depuis un an, elle est bretonne jusqu'au bout des doigts) (prière de ne pas douter que Nantes est bien bretonne, me fait-on dire) (à toutes fins utiles), de vernir mes ongles, de faire du vélo, de câliner mes bêtes féroces, de recouvrer la vue de l'oeil droit (mais parfaitement) (sous vos yeux zébahis), de visiter le Musée d'Art Moderne qui chaque fois que j'y suis allée dans ma vie était fermé ou en travaux, de prendre mon temps, de rester zen, et aimable sous mon masque.

[Côté lecture, j'ai lu d'une traite et aimé les deux livres de Constance Debré, Play Boy et Love me tender, après avoir lu un article sur elle qui m'en avait donné envie: petite-fille et nièce de, parents drogués et alcoolos, ex-avocate hétéro qui a tout quitté, mari et boulot et vie 'confortable', pour vivre pleinement  son homosexualité et écrire.]

mercredi 19 août 2020

Carte postale #9- heureusement que je ne suis pas rancunière

Puisque je suis rentrée, carte postale des cartes postales reçues pendant les vacances.
 (les vaches maigres, comme tu peux voir.)
Quand je pense à toutes celles que j'ai envoyées,
heu-reu-se-ment que je ne suis pas rancunière, Doujésus.

A l'Ours, ce matin: 
"-je crois bien que j'ai un peu maigri pendant les vacances, est-ce que ça se voit?
- (mollement) oui-oui, ça se voit.
- ok. ça se voit pas, donc? 
- sissi, ça se voit, pis même si ça se voyait pas, je ne m'aventurerais pas à te dire que ça se voit pas, tu vois.
- tu pourrais mentir avec un peu plus de conviction, juste.
- allez: c'est entre ça se voit et ça se voit pas, je dirais: ça commence à se voir! "

Heu-reu-se-ment que je ne suis pas rancunière, Doujésus.

Tiens, je suis en train de penser, la preuve que je ne suis pas rancunière: cet été, je suis allée au cimetière marin de Sète, ce dont je rêvais depuis des années, et je me suis assise longuement sur un banc pilpoil en face de la tombe de Paul Valéry, où la vue sur la mer n'était pas dégueu, alors que, je te prie de me croire, je me suis bien (bien bien) faiche à essayer de comprendre (ressentir) (dire) kekchose à la lecture de ses poèmes quand j'étais en prépa.

[Et pour finir, je retire tout ce que j'ai dit la dernière fois: figurez-vous qu' à l'Echo Rép aussi ils ont du coeur (ou bien ils lisent mon blog et ils ont eu honte) (ou bien ils sont tout autant en manque de sujets qu'à Ouest-France, c'est bien possible aussi.)]