Alors, ces vacances d'été en famille, ça a donné quoi, hein?
On a eu bien chaud, on a été piquée par les moustiques, on a nagé, on a fait des pâtés et encore des pâtés de sable en Vendée, puis on a inventé des histoires ayant pour héros un cochon très grognon et un peu effrayant (qui fait souvent gnonk gnonk, donc) pour Bébézou Première, bronzé, un peu et visité des villages, des grottes et des châteaux dordognais et jolis, beaucoup.
Ma Bébézou mignonne, elle parle beaucoup. Elle sait dire tout un tas de petits mots dont (détail qui a toute son importance) le mot dehors, et depuis quelques temps, elle commence aussi à les associer, genre: fé dodo bébé, è belle maman, (j)e veux pas.
À notre grande satisfaction à l'Ours et à moi, elle sait désormais dire le zou de Mamizou et Papizou. Nous sommes donc Zou, l'un et l'autre, en attendant mieux.
Ordonques, l'autre jour, le pauvre Papizou (Zou, donc), grand-père cinq étoiles au service irréprochable pourtant, en a été pour ses frais: ayant joué toute la journée avec sa petite-fille, l'ayant nourrie et lavée et bercée, amusée et choyée toute la journée, il s'est vu une fois Minimignonne-maman-parfaite rentrée, parfaitement ignoré, puis congédié implacablement par Bébézou, geste à l'appui avec son petit index potelé pointé: Dehors, (Papi)Zou!
Un mot qu'elle pratique particulièrement (euphémisme léger) en ce moment, c'est Non! (je mets le point d'exclamation, parce que quand c'est non, c'est non, je te prie de me croire). Alors, à bientôt vingt trois mois et à l'approche du grand méchant Terrible two, rien de plus normal, on le sait bien, mais tout de même: lui dire aimablement A tes souhaits! après un éternuement et se faire rembarrer d'un NON! maussade et sans appel, ça fait drôle, hein.
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| La Queen des pâtés. |
Bébézou Première a aussi fait ses premiers tours de manège. Elle est encore trop petite pour attraper la queue du Mickey, ce bout de ficelles un peu dégueulasses qui lui passe sous le nez sans qu'elle s'en émeuve plus que ça. En revanche, à peine descendue du manège, et avant qu'on ait pu dire ouf, on l'a vue se jeter comme un ressort sur les longs cheveux blonds bouclés et mousseux d'une petite fille qui passait innocemment, pauvre cocotte, à côté d'elle et en les lui tirer avec application, comme s'ils allaient se détacher et lui offrir un tour gratos. Comme il y a déjà eu l'épisode de la fourchette (remember), on a fait une réunion de famille le soir-même pour discuter de l'éventualité que notre Bébézou d'amour soit sociopathe et de qui elle pouvait tenir ça (personne n'assume).
La sociopathe en question, c'est elle.
Pendant ce temps, son petit frère Bébézou nouveau, dit aussi Séraphin Placide ou Monsieur Tranquille ou le petit Sumo (tu verrais les plis de ses cuissots, alors qu'il pesait 1kg 300 à sa naissance) vit sa petite vie en toute discrétion, vénère sa soeur (qui le lui rend bien et le prouve en lui enfonçant, dès qu'une occase se présente, son doigt dans l'oeil) et fait des sourires trop mignons (ceux où on voit la langue, ndlr) à tous et en toutes circonstances, même à sa soeur l'éborgneuse sociopathe, donc, c'est dire s'il a bon caractère (ou s'il n'a pas encore bien identifié le danger).
Quant à Minipuce la Nantaise, leur tante, on me l'a changée, c'est plus la même. Remember again: Minipuce, c'est la (ma) fille qui skiait manucurée impeccablement sous ses moufles l'hiver, et qui passait tellement de temps sous la douche quand elle était ado qu'en désespoâr de cause, pour sauver la planète (et notre facture de gaz), on coupait l'eau chaude direct à la chaudière. Eh bien cette même fille, crois-moi pas si tu veux, elle part désormais en vacances ici et là en van avec son roots d'amoureux baroudeur, le grand Roi (remember: il porte le même prénom que Bébézou deuxième, je sais, je me répète mais c'est pour aider ceux qui ont du mal à suivre avec l'arbre généalogique des Zou), dormant sur une planche et se lavant quand (si) elle trouve de l'eau. (Bon, tout roots qu'ils sont, ils surveillaient l'autre jour Bébézou dans son bain et ils ont eu droit à un aussi magnifique qu'imprévu caca dans l'eau. Ils sont venus précipitamment nous chercher, en panique) (ça dort à côté des bêtes sauvages en montagne, ça cuisine sur un réchaud et ça a peur d'un caca dans le bain, pff).
Mon beaup' se porte bien, il vous remercie, il nous a fait chercher pendant des heures son appareil auditif et retourner toute la maison pour qu'on s'aperçoive in fine qu'il s'en était mis deux dans la même oreille. On cherche encore comment c'est possible, un truc pareil, mais il faut dire qu'il a toujours eu d'impressionnantes gigantesques oreilles. (Dieu merci, aucun de mes enfants ni petits-enfants n'en a hérité).
L'Ours-mon-mari s'est beaucoup baigné ici et là, dans la mer ou dans la piscine, a voulu s'arrêter pour visiter toutes les églises romanes que nous avons croisées sur notre chemin, Doujézu (mon mari, ce curé contrarié, il faut croire), s'est promené partout et sans complexe avec un horrible bob orange fluo sur la tête (je n'ai eu aucun mal à le retrouver sur la plage, n'empêche), et a beaucoup lu sur son transat. Je corrige: a beaucoup dormi sur son transat, son livre sur les genoux. Il faut dire que sa lecture, c'était ça, donc euh.
Là-dessus (cette absence de conclusion et de perspective), je vous laisse, j'ai figurez-vous une rentrée à préparer, pff.
Post scrotum: comme j'avais (bien) prévu, je n'ai rien lu (pu lire, plutôt) quand mes petits Bébézous étaient là (et pour mon plus grand bonheur ils étaient là longtemps, en Vendée et en Dordogne), mais je me suis rattrapée sur la fin quand ils sont repartis dans leurs pénates. Les critique littéraires et cinémato de l'été, toujours hyper pointues de Bellzouzou, donc, c'est là:
- Surtout rester éveillé, des nouvelles de Dan Chaon assez inégales, mais qui se lisent bien.
- La nuit au coeur de Natacha Appanah sur l'emprise conjugale, une lecture difficile, avec des passages tellement insupportables que tu es obligée de suspendre un peu ta lecture.
- Petit fruit de Marion Fayolle: bien écrit, assez poétique, se lit vite, agréable et oubliable néanmoins, sur le désir d'enfant.
- Sept jours, de Fabrice Colin: un thriller qui commençait très bien et qui m'a perdue quand ça a commencé à causer de faille spatio temporelle pour expliquer la disparition d'une femme pendant sept ans mais c'était en fait sept jours, ou l'inverse, on ne sait pas et on ne saura jamais (je le sais, je suis quand même allée jusqu'au bout).
- Tenir jusqu'à l'aube de Carole Fives (tu as la ref si comme moi tu as été trauma enfant par La chèvre de M. Seguin), relu avec grand plaisir, construit comme un thriller, je recommande beaucoup cette histoire sur la difficulté d'être mère, l'épuisement, la colère et le besoin de retrouver un peu de temps pour soi. Je m'étonne que le livre n'ait pas été déjà adapté au ciné. Et la fin, qu'on imagine prévisible toute la lecture, ne l'est pas du tout.
Au ciné, j'ai bien aimé l'Odyssée (mais Mads en Ulysse et Paul Mescal en Télémaque, c'eût été une teeeellement meilleure distribution, ah ça, les directeurs de casting, j'irais bien leur apprendre un peu leur boulot, pff) et dans un genre totalement différent Le triangle d'or, et j'ai beaucoup beaucoup ri à De la Comédie Française, que je mourrais d'envie de voir et j'ai pas été déçue. Fjord, dernière parme d'or à Cannes, m'a bien plu aussi, quoiqu'un peu longuet si tu veux mon avis, et ne m'a pas donné du tout du tout envie d'aller vivre en Norvège.

