Bellzouzou, Pensées profondes, livre XIII verset 126:
"Un blog, ce n'est pas ce qui vous arrive. C'est ce que vous choisissez de dire de ce qui vous arrive, et comment vous le dites."

Bellzouzou, Pensées profondes, livre XXIV verset 777:
"Tout est vrai, seul le reste est (peut-être) faux."

samedi 28 mars 2026

Brève d'école

J'ai dans ma classe cette année une élève de grande section, un peu perchée (la petite), qui pratique une forme d'expression spontanée difficilement évaluable par compétences.

Hier, en pleine classe, au beau milieu d'une activité très sérieuse, la voilà qui s'écrie, regard lointain et voix aiguë, Je vais pondre, je vais pondre, je sens que je vais pondre! Avec l'ancienneté que j'ai (ne vous sentez pas obligé de calculer), je croyais avoir tout vu tout entendu de la part de petits enfants dont la créativité déborde parfois un peu du cadre, du tableau et du réel, mais la preuve que non. Enquête menée (parce qu'au début, tout de même, on s'inquiète), aucun lien avec un besoin pressant, aucune urgence sanitaire, aucune suite observable, juste: elle est une poule à ce moment-là dans sa propre logique.

Les autres élèves ne relèvent même plus, il est parfaitement intégré dans la normalité de classe que cette petite-là dit parfois de drôles de choses. A peine un sourcil levé en mode Ça y est, ça la reprend. Quant à moi, je n'ai rien trouvé de plus malin à lui dire que Ok, essaie de faire ça discrètement quand même. Ça n'ouvre pas exactement vers une grande carrière dans la formation des jeunes enseignants, je suis d'accord, mais reconnaissez que ça a tout même le mérite de maintenir une certaine fluidité dans la gestion de classe. (si vous trouvez mieux, dites-moi, pour la prochaine fois.)

mardi 24 mars 2026

Vrac micmac et foutrac de milieu de semaine, pour changer.

J'ai passé le weekend dernier sur les planches et c'était bien bon, même si j'ai eu le trac comme jamais (deux monologues, seule sur scène, donc). Les copains sont venus, quelques collègues aussi, d'autres viendront le weekend prochain et puis ce sera fini et j'aurai sans doute alors ma petite déprime de fin de représentations (bicheeeette).

A part ça, ma bonne ville de Chartres a bien dégorgé aux municipales  (pour placer tous mes jeux de mots bien pourris: Gorges (remember: le bétonneur fou, le scieur d'arbres à quatre heures du mat, l'amateur de parasols ) a rendu gorge et c'était quand même le destin) et c'est pas dommage. Je veux dire: c'est déjà ça, parce qu'à la place, il y a désormais un jeune petit minet-jolie frimousse qui plaît follement aux vieilles Chartraines, mais qui est affreusement de droite (et pire: qui ne le dit pas), donc Chartres serre les fesses et attend de voir, mais bon.

Et parce qu'il faut bien rigoler: l'autre jour, avec mes élèves, on est allé à la crypte de la cathédrale, où on nous a montré des instruments datant du Moyen-Age, dont une flûte à une main de toute beauté. Ambiance pierre humide et pédagogie patrimoniale.

- Le musicien (noble, digne et beau, en costume noir de velours du Moyen-Age, chausses médiévales en peau de bête et qui chantait en latin), après nous avoir joué un petit air dessus, à mes élèves (voix posée et regard inspiré): Pourquoi cet instrument s'appelle-t-il la flûte à une main à votre avis? 

- Mon petit R. (remember) (sur l'air de Tu nous prend pour des cons ou bien?) Ben c'est parce que tu en joues avec une seule main! 

- Le musicien: et donc, qu'est-ce que je peux faire, avec mon autre main, pendant ce temps, d'après vous?

(à  ce moment-là de l'histoire, la maîtresse, si elle ne s'était pas trouvée dans un endroit sacré, elle aurait éclaté de rire, c'est certain)

- Petit A: bah tu peux jouer d'un autre instrument*!

(c'est certain).

 

* Croyez-le pas si vous voulez, mais c'était bien ça, et il nous l'a prouvé: il pouvait jouer de la cornemuse en vessie de vache, en même temps que de la flûte à une main, figurez-vous.

dimanche 15 mars 2026

Le pasgrandchoz du dimanche soir

Un weekend marqué par l'absence, par la fatigue, par une pauvre Bébézou amorphe et fièvreuse chez ses parents, par pas beaucoup d'espoir de voir ma bonne ville de Chartres désengorgée (les Chartrains comprendront) ce soir, et par pas beaucoup d'espoir pour tout le reste, de toute façon.

Heureusement, il y a une semaine plutôt tranquille à l'école qui se profile (folie), des répètes de dernière minute et deux weekends à venir sur les planches avec les théâtreux de mon coeur et notre nouvelle (grooosse*) production (si je veux).

* grosse comme le trac qui pointe, les imprévus de dernière minute, les Qu'est-ce que je dois dire, là, déjà?, ma tenue de scène pas encore vraiment trouvée, le moment où quelqu'un dit C'est trop long il faut couper à certains moments et où tout le monde comprend On panique un peu, ce genre de trucs, quoi. 

dimanche 8 mars 2026

Minouchette Bête Féroce (2006-2026)


Notre Minouchette bête féroce a rendu l'âme il y a quelques jours, comme elle a vécu: en toute discrétion. Elle a eu l'élégance d'attendre que nous soyons revenus de vacances, l'élégance aussi de mourir la nuit alors que nous dormions. Nous l'avions trouvée étendue par terre au petit matin, comme si elle était tombée d'un coup en même temps que son cœur flanchait. Elle avait l'air paisible, Elle semblait vouloir nous rassurer Ne vous inquiétez pas, je n'ai pas souffert

Elle nous laisse quelques poils dans les plaids et la douloureuse impression que quelqu'un manque dans la maison.

Elle aurait eu vingt ans en août prochain, elle était devenue arthrosique, biglouche et dure de la feuille, n'avait plus beaucoup d'appétit sauf pour la brioche ces derniers jours, ne faisait plus que dormir vingt trois heures quarante cinq sur vingt quatre, de préférence sur quelqu'un car elle a toujours été l'affection même. On l'appelait Superglue, d'autant que vieillissante, elle ne rétractait plus bien ses griffes et restait pendue à nous, même quand elle voulait s'en aller dignement. 

Elle a patiemment accompagné l'enfance (turbulente) de nos trois enfants, a survécu au bruit au mouvement aux câlins envahissants aux déguisements aux promenades en landau de poupée, a eu trois chatons elle même, a été jadis une redoutable chasseuse de souris et d'oiseaux. Ces dernières années, elle était devenue philosophe, et une souris aurait pu lui tomber entre les pattes qu'elle ne l'aurait même pas calculée. Elle était d'une patience remarquable avec sa bestie, Mina-Bête-Féroce, qu'elle avait prise sous son aile petit chaton il y a six ans, alors qu'elle était chatte unique et gâtée depuis toujours,  autant qu'avec les Bébézous nouveaux depuis leur arrivée. Elle avait adopté l'attitude silencieuse des vieux sages devant l'agitation du monde.

Nous l'avions reçue toute chatonne de Clara, l'amie de toujours de Brisefer. Tout à fait par hasard, Brisefer passait ce weekend chez Clara, leurs enfants ont joué ensemble, et je vois dans cette coïncidence quelque chose de très doux, comme si une espèce de boucle était bouclée.

 

(Elle aimait bien rigoler, à l'occasion. )

dimanche 1 mars 2026

Mon grand discours de remerciements, façon César.*

Oh. OH. Mais vous étiez donc là, tapies dans les fougères numériques, à cliquer incognitos Juan Carlos. Et depuis les Fidji, même, parfois ( LES FIDJI!). Des inconnues, des copines, des profs des écoles en activité en retraite en résistance, des blogueuses vintage, des blogueuses anciennes, des blogueuses dinosaures assumées, des jeunes filles des temps anciens qui ont vieilli avec moi (mais pas trop, restons dignes). Notez aussi que je suis bien contente qu’on me situe à Chartres comme une attraction locale (merci bien).

Si j’avais su qu’il faudrait avoir vingt ans de vie pour faire sortir du bois une horde de marmottes émues et adorables, franchement : j’aurais eu vingt ans bien plus tôt.

Je ris beaucoup en lisant vos commentaires au dernier post, et je suis émue, aussi (mais ça va c’est bon, on va pas en faire tout un post, hein).

Et je ne voudrais surtout pas abuser (d’autant que ce n’est pas du tout mon genre, vous savez), mais je me permets une petite observation purement technique, en passant: commenter, c’est simple, gratuit, sans engagement sur trente ans, sans contrôle surprise, sans dissert’ de quatre heures (je suis prof ou bien?), ça ne nécessite aucun talent particulier (regardez moi : j’écris Enfer et putréfaction depuis 2006), et surtout, (surtout): même très court, même banal, même pas drôle, un commentaire en bas de page, ça me fait exactement le même effet qu’une plaquette nougat-chocolat savourée en regardant mon album de photos de Mads Mikkelsen nu sur une peau de bête un soir de novembre devant un feu de cheminée avec mes chatounes ronronnantes sur le ventre (genre), sachez-le. Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour moi.

Allez, j’arrête avec mes bêtises, et je propose qu’on se retrouve ici-même en 2046, avec nos lunettes triple foyer, nos rhumatismes, nos arrière-petits-enfants.
Et message perso à celles qui pensent à moi en passant devant la sortie d’autoroute : la prochaine fois, prenez-la!, on ira boire un thé (ou quelque chose de plus fort, selon l’état du monde, hein).

 

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Bon, ça va bien cinq minutes, les sensibleries, hein. Et sinon: ces vacances, ça dit quoi? 

Ça dit une petite Bébézouchoute en roue libre à Chartres chez MamiPapiZou pendant trois jours, des balades sous la pluie, du joyeux bordel dans ma maison que j'ai pas fini de ranger encore (je jure), des soupes et des compotes sur le feu, de la mignonnerie, des câlins, et puis un séjour vendéen en famille élargie avec du (beau) monde, donc, un Bébézou nouveau à dorloter, pauvre courageux petit chat qui a dû faire un petit séjour de vingt quatre heures en pédiatrie à la Roche sur Yon, comme s'il n'en avait pas déjà fait bien assez depuis sa naissance, des balades en bord de mer, un Brisefer-chien-fou qui s'est baigné cinq minutes dans l'eau glacée (le grand dingue), des tourtisseaux (les tourtisseaux, c'est la vie, je dis), un détour par Nantes au retour pour déjeuner avec Minipuce qui n'avait pas de vacances, et puis pas de temps pour lire** , ni pour penser à rien, surtout pas aux horreurs dans le monde et surtout pas à l'école, qui attendra bien demain (zut). 

 

* non mais Benjamin Lavernhe, Benjamin Laverhne mes amis, époustouflant, virvoltant, courant, dansant, jouant de la guitare, ici et partout à la fois, d'une justesse, d'une précision et d'une drôlerie folles aux César, quel moment!

** Mais vu deux films au ciné: Aucun autre choix, film coréen sans intérêt selon moi (mais l'Ours a a-do-ré, lui), et  Le son des souvenirs avec toujours et pour toujours mon petit chouchou Paul Mescal, (décidément), une histoire d'amour tendre et mélancolique, mais longue, longue, looooongue Doujézusse, la midinette en moi doit avouer qu'honnêtement, elle s'est faiche comme jamais.

                                           Multicouette en vadrouille, ou le Bonheur sur pattes.