Bellzouzou, Pensées profondes, livre XIII verset 126:
"Un blog, ce n'est pas ce qui vous arrive. C'est ce que vous choisissez de dire de ce qui vous arrive, et comment vous le dites."

Bellzouzou, Pensées profondes, livre XXIV verset 777:
"Tout est vrai, seul le reste est (peut-être) faux."

dimanche 28 juin 2026

Vrac, micmac et foutrac du dimanche soir où on respire enfin un peu, et profite-en bien parce qu'il paraît que c'est pas pour longtemps.

Cette semaine à l'école, tu te doutes, il a beaucoup été question de la gestion avancée des absences aléatoires des enfants, qui vient le matin et qui vient le matin mais pas l'après-midi, qui vient le matin mais repart l'après-midi avant le repas et qui vient le matin mais repart l'après-midi après le repas, qui a disparu dès le premier jour comme un témoin protégé et ne reviendra pas de la semaine, qui  ne vient pas lundi mais sera là mardi matin sauf s'il fait chaud (euh.) mais pas l'après-midi, qui est chez Mamie mais finalement Mamie a trop chaud, qui est annoncé absent mais se pointe le matin avec un grand sourire et une gourde Spiderman vide. Bref, tu vois le genre de choses auxquelles on a été majoritairement occupée, hein. Ça, et puis aussi comment faire en sorte que les petits mouflets qui nous étaient confiés par 32° dans les classes les bons jours ne soient pas rendus mourutes le soir à leurs parents. Et puis que nous, enseignants, accessoirement, ne finissions pas en flaque sur le lino. Notre quotidien, sache-le, n'a été fait que (vive la Garderie Nationale) de remplissage de gourde, de brumisation collective, de volets baissés façon bunker et de déplacements stratégiques dans l'école à rechercher de l'ombre (spoiler: y en avait pas), les ventilos sous le bras. 

Je n'ai même pas envie (j'ai encore bien trop chaud pour me mettre en colère) d'épiloguer sur le fait que (dinguerie), un très grand nombre de villes avoisinantes ont fermé leurs écoles, soit complètement, soit partiellement l'après-midi, mais que dans ma petite école périurbaine comme à Chartrescityville, tout est resté ouvert, on nous a juste invité à venir avec une casquette et à faire preuve de bon sens (nan, jure?)(le bon sens, cette ressource naturelle inépuisable que l'administration distribue généreusement quand elle ne sait plus quoi distribuer d'autre, juste après les recommandations et juste avant les formulaires, je dirais). Mais je suppose qu'il y avait à cela une (bonne) raison, (genre qu'il faisait administrativement moins chaud chez nous) (ou qu'à trois kilomètres près, la canicule n'avait pas les mêmes effets)(comment transformer une vague de chaleur nationale en cinquante mille décisions locales différentes) (quand je m'agace, j'ouvre une parenthèse, tu as vu?), et que c'est pour ça qu'aucune décision globale et simple n'a été prise, du genre: on maintient tout ouvert partout, ou bien on ferme ou on adapte les horaires de toutes les écoles de France et de Navarre qui ne sont pas climatisées, tiens, par exemple. 

Je devrais tenir bon encore une semaine, allez. Surtout avec les trèèès nombreux petits mots d'amour que tu ne manqueras pas de me laisser en com' pour m'encourager (les commentaires sont climatisés, profites-en.) Et ne vois là aucun chantage affectif, c'est pas du tout mon genre, tu sais bien. 

dimanche 21 juin 2026

Vrac micmac et foutrac du dimanche soir ou Comment je garde foi dans la capacité de juin à se saborder lui-même

Comme les deux grosses et pénibles échéances administratives de juin sont derrière moi et tu m'en vois ravie, et que (inespéré!) le grand pestacle de la semaine à venir est annulé pour cause de température compatible avec la cuisson lente des petits écoliers, j'ai passé un weekend bien plus présentable que les précédents, tu penses. J'ai bricàbraqué à la fraîche (et halluciné que tous les vide greniers ne soient pas annulés, les exposants ont-ils tous survécu, hum?), déjeuné chez les amis suffisamment chéris pour que ça justifie de sortir de chez soi par 34°. S'il ne faisait pas si chaud, ça serait parfait, mais je bois de l'eau et je marche à l'ombre. Restent le petit bal dans la cour, le pique-nique de fin d'année et la visite de la grande école la semaine prochaine pour lesquels je nourris l'espoir secret que la vigilance rouge et la Préfecture d'Eure et Loir * travaillent main dans la main et se décident enfin à déclarer tout ce qu'il y a de plus officiel que tout ça peut très bien attendre septembre (hé hé) (on croise les doigts, les orteils et même les trombones du bureau), et puis ensuite, je file direct à Copenhague, il y a quelqu'un qui m'attend. Bon en vrai: je serai presque en vacances.

L'Ours-mon-mari, quant à lui, prépare sa petite randonnée annuelle de dans quelques jours, il n'est donc plus un homme marié civilisé mais une créature sauvage vivant de cartes IGN et de dénivelés positifs qui trace sa route, réserve ses nuits en refuge, s'achète des rondelles de bâton (je jure), un nouveau sac à dos (l'ancien était plein de sang, remember) (il était difficilement revendable sur le bon coin, tu peux me croire), il n'y est plus pour personne et pardon, mais pendant ce temps-là, j'ai la paix.

Mon Bébézou nouveau qui est le plus sage (et le plus souple) des bébés, mordille ses pieds les doigts dans le nez (mais parfaitement) en gazouillant avec application, et Bébézou l'ancienne enfile son maillot de bain et ses lunettes et se rafraichit dans les vingt centimètres d'eau de sa petite piscine en plastique, et tout ça, ça donne des vidéos très choutes produites en quantité industrielle que je regarde en boucle et montre à tout le monde à droite à gauche (je ne laisse jamais le temps aux gens de trouver un prétexte pour refuser, tu imagines bien) (oui, je suis devenue cette personne).

Sur ce, mes zamis, je vous embrasse et retourne à mes affaires. Je vais aller faire ce que fait toute personne raisonnable par cette chaleur: ne rien faire, et considérer que c'est déjà quelque chose (de la gestion de crise, tiens, par exemple). Je vous souhaite le même niveau d'ambition pour cette fin de juin**.

 

 * ah, j'oubliais: et aussi un petit épisode de pollution atmosphérique par ozone, dont on vient de nous informer

** et des glaçons, de l'ombre et des ventilateurs loyaux, bien entendu. 

dimanche 7 juin 2026

Le mois de juin

Mes cernes sous les yeux, c'est pas compliqué: tu visualises le "avant" des pubs pour les crèmes miracles, tu ajoutes comme une légère possession démoniaque et trois nuits en garde à vue, et tu imagines que c'est encore pire. 

Juin, sans surprise, c'est le tunnel administratif et émotionnel qu'on appelle pudiquement la fin de l'année scolaire, c'est des réunions, importantes et utiles (rarissimes créatures mythologiques qui ne fleurissent qu'une fois tous les dix ans) ou pas importantes ni utiles mais obligatoires, des visites de l'école aux nouveaux parents, l'Inspecteur dans les murs deux fois, un dernier conseil d'école, des répartitions d'élèves dans les nouvelles classes, des projets à faire valider pour l'an prochain, une invasion de stagiaires de seconde dans les classes, une fête d'école un dimanche (pince moi je rêve) et un spectacle devant les parents (achevez-moi) un soir de semaine, des parents d'élèves qui commencent tous leurs mails par Je me permets, des commandes qui arrivent au compte goutte, complètes ou pas complètes, qu'il faut vérifier, répartir et ranger, des bilans des compte-rendus des synthèses, des pots de départ et des pots de départ à la retraite et y en a qui ont bien de la chance, commême.

Alors voilà, comme tous les ans juin me piétine la nuque avec application et le premier Danois qui passe et qui me propose d'aller vivre avec lui dans une petite maison blanche et rouge au bord de l'eau, je pars avant la fin de sa phrase, je jure.

Mais Juin c'est aussi mes derniers jours avec une classe de mignons qui m'ont fait rire toute l'année [tiens, vendredi dernier je leur montre la photo d'une balayette, ils savent nommer l'objet (une balayette donc, tu suis?) et quand je demande à quoi ça sert C'est pour se laver les dents)], surtout mon petit R. (remember) qui part au CP et comment je vais faire sans lui, nan mais je me demande: l'autre jour, alors que j'explique la signification de l'expression Avoir une taille de guêpe, il me répond sur un ton de commère mal embouchée poings sur les hanches Aah ben ça, c'est pas comme ma sœur ! Je pense que j'ai vécu ma dernière grande leçon de grammaire affective de l'année, allez. Je ne contrôle plus grand chose mais je fais illusion jusqu'en juillet.

Et sinon, vous, le mois de juin, ça vaaa, hum?