Bellzouzou, Pensées profondes, livre XIII verset 126:
"Un blog, ce n'est pas ce qui vous arrive. C'est ce que vous choisissez de dire de ce qui vous arrive, et comment vous le dites."

Bellzouzou, Pensées profondes, livre XXIV verset 777:
"Tout est vrai, seul le reste est (peut-être) faux."

vendredi 20 février 2026

Vingt ans. Oui, vingt. (Respire).

Vingt ans aujourd'hui que ce blog existe. Enfin: vingt ans que ce blog me retient par la manche, plutôt.

Parce que j'ai le vague souvenir d'avoir ouvert une fenêtre, mais jamais je n'aurais imaginé qu'elle donnerait sur vingt ans de paysage, durant lesquels je prendrais l'habitude de consigner ce qui ne se laisse pas archiver en principe, genre: le temps qui passe, les enfants qui grandissent, les petits moments qui ne font pas d'histoire mais qui, petit à petit, finissent par raconter une vie presque entière (bon: un gros bout de vie, en tout cas).

A l'origine, il y avait l'envie d’écrire, un peu n’importe quoi n'importe comment n’importe quand, et pourquoi pas ici. Comme je voudrais et tant que j'en aurais envie, disons. Envie qui s'est prolongée, donc. Bon, il y a eu les périodes prolifiques et des saisons sèches, une période Je vais tout arrêter étant généralement par une autre Je vais écrire tous les jours (divulgaching: non), les élans soudains, les renoncements très provisoires. Il y a eu les moments Faut que je fasse gaffe à ce que j'écris (l'oeil de Moscou professionnel, l'adoleschiance des enfants et toute la famille qui lit) et les période Allez, rien à foutre, elle est liiibre, Zouzou

Aaah ça, il en a vu passer, des choses, du temps, ce blog, stoïque, fidèle, moqueur, nostalgique, il en a vu évoluer, un couple, grandir, des petits enfants, il en a vu vieillir, une femme (hum). Il a tout encaissé, avec une patience remarquable. Et assez souvent, figurez-vous, j'y reviens, je l'ouvre un peu au hasard à n'importe quelle page, et je me souviens. Je me souviens de l'Ours, qui nous faisait manger ni vu ni connu de la soupe à l'éponge, de mon petit Brisefer aux cheveux d'or qui imitait la signature de son père quand il recevait une punition au CM1, et qui aimait bien cuisiner, de ma sensible Minipuce qui voulait que je lui écrive des lettres, mais pas de l'amour, et qui avait bien des soucis avec ses copines, de ma Puceminus qui aimait tant le chocolat, et faire des blagues, eux qui sont devenus aujourd'hui de si belles grandes personnes, je me souviens que la vieille Bête féroce partiellement sourde et bigleuse présentement couchée sur mon ventre tandis que j'écris ces mots a été une adorable petite chatonne. Et je lui suis tellement reconnaissante de m'aider à me souvenir de tout ça. Vingt ans à semer des petits cailloux de mots pour retrouver le chemin de choses que j’étais à peu près sûre d’oublier, sans lui.

Je suis (oh combien) heureuse aussi, que ce blog ait mis sur ma route et dans ma vie depuis vingt ans mon indispensable partner in crime.

Et puis au fil de ces vingt ans, il y a vous (pluriel flou): les fidèles, les intermittents, les disparus, les revenus, ceux qui commentent, ceux qui ont commenté puis se sont tus, ceux qui lisent sans jamais rien dire (je vous vois quand même). Mais j'écris ici depuis vingt ans, en sachant que quelqu’un, quelque part, lit. C’est une relation étrange, un peu déséquilibrée, faite de connivence invisible et de rendez-vous manqués qui tiennent malgré tout. Et rien que pour ça mon cœur fait BOUMMerci.

Et je me disais, vraiment comme ça hein, l’air de rien, que tiens, ce serait beau, aujourd'hui, d'entendre des voix, plus que d'ordinaire (n'est-ce pas?), dans les commentaires, même discrètes, même maladroites, même tardives, même timides (car les timides m'intéressent). Juste pour faire bruisser un peu ce lieu, pour rappeler qu’il a toujours été vivant parce que vous étiez là. Si jamais vous aviez envie de dire quelque chose… eh bien, disons que je saurais quoi en faire.

Vingt ans, donc. Ce blog respire encore, contre toute attente. Et moi aussi, visiblement.

dimanche 8 février 2026

Vrac, micmac, et foutrac du dimanche soir

Ce fut un petit week-end festif de derrière les fagots, pendant lequel nous avons fêté le nouvel âge de Brisefer mon fils (et clôturé la saison des anniversaires pour un moment, ouf), cajolé nos Bébézous, organisé les prochaines vacances tous ensemble, lu mollement (l'oreille absolue, d'Agnès Desarthe) bref, fait le plein pour tenir bon la semaine prochaine encore.

[A part ça, je ne vous ai pas dit mais j'ai récemment adoré Hamnet et le recommande à tous ceux  qui aiment les belles choses, Paul Mescal notamment, qui est définitivement le nouveau Danois (il ne tient qu'à un cheveu que je le remplace* (la seule chose qui me retienne c'est qu'il a l'âge de mon fils, peuh.) Et puis j'ai beaucoup aimé aussi Maja, un très beau film finlandais (que voulez-vous je suis une fille du Nord, et j'aime les histoires d'amouuuur, à n'en point douter), que je recommande à mort. 

* Quel coeur d'artichaut tu fais, me dit l'Ours qui lit et ricane par-dessus mon épaule. Alors que ça fait plus de 31 ans que je le fréquente, lui, et qu'il ne tient qu'à un cheveu que je le (nan, rien.)]

mercredi 4 février 2026

Des niouses (avec tout plein de parenthèses comme on aime dedans)

Ces temps-ci, au cas où vous n'auriez pas remarqué, hum, il y a peu de place pour ce blog, et c'est parce qu'il y en a pour mes bébézous et leurs bonnes grosses joues, ces pièges à bisous (je vous ai dit que le petit bébézou nouveau se portait à merveille et qu'il était, objectivement, scientifiquement, statistiquement, le plus adorable des bébés? Je veux bien rester modeste, mais il faut savoir regarder la vérité en face.) Brisefer mon fils et son père (vous suivez?) dit de lui que c'est un bébé "discret", l'adjectif m'a surprise et amusée mais lui convient bien, je dois en convenir: Bébézou nouveau occupe l'espace émotionnel sans faire de bruit (contrairement à sa soeur, Bébézou l'ancienne, seize mois, qui traite la discrétion comme une option décorative réservée aux bibliothèques); mais aussi pour l'école et ses joyeusetés, nombreuses en cette saison [quelques plus ou moins grosses chianteries en plus des chianteries habituelles, la première étant demain (phase d'observation tendue), la suivante mardi (consommation stratégique de thé et chocolat), et la dernière (on espère) d'ici quelques semaines (acceptation résignée et regard fixe vers un horizon administratif)]; et enfin pour les répètes avec mes théâtreux d'amour qui répètent toujours texte à la main mais jurent qu'ils savaient parfaitement bien leur texte hier soir [on joue une nouveauté quatre fois d'affilée dans une grande salle (tout est relatif) dans un peu moins de deux mois, on a tellement de boulot encore qu'on n'a presque plus le temps de nous disputer, pour dire comme on est occupés (la dispute constituant habituellement pour nous une preuve d'investissement artistique et d'affection sincère)]. 

Bref, le blog suivra, il a l'habitude.