Bellzouzou, Pensées profondes, livre XIII verset 126:
"Un blog, ce n'est pas ce qui vous arrive. C'est ce que vous choisissez de dire de ce qui vous arrive, et comment vous le dites."

Bellzouzou, Pensées profondes, livre XXIV verset 777:
"Tout est vrai, seul le reste est (peut-être) faux."

mardi 17 octobre 2023

Brèves d'école

[Parce qu'il faudra bien continuer à vivre, une fois faite notre minute de silence à 14 heures et appelé si besoin le numéro vert de la cellule de soutien mise en place par le Rectorat.]

Avec mes petits élèves de grande section, on fait de la phonologie. Rigolez pas, c'est très sérieux. Il y a un jeu qu'ils aiment bien, c'est celui où je parle comme les petits frères et soeurs (mal) et qu'ils doivent corriger ma phrase. Moi aussi j'adore ce jeu, parce qu'il y en a toujours un chaque année qui est à côté de la plaque, mais qui me répond quelque chose répondant à une certaine logique. Une année, j'avais raconté ici même (mais grosse flemme d'aller rechercher dans mes archives) qu'une petite avait corrigé mon Je suis allée voir le docteur parce que j'étais salade en Tu es allée voir le docteur parce que tu avais mal aux dents. L'autre jour, c'était la phrase "Papa a repassé le singe" qu'on a corrigée pour "Papa a fait le ménage".

J'ai eu du mal à rester concentrée au moment du dépouillement des bulletins de vote pour l'élection des parents d'élèves l'autre jour, alors que j'étais assise à côté d'un papa dont j'ai la fille en classe, qui venait de me dire le matin même qu'il avait de la moustache partout, même dans le cou et sur le dos, c'est comme ça les papas, tu te rends compte maîtresse?, mais sa moustache sur le dos il se la rase et après il fait le mouton en sautant partout et en criant bêêê bêê! très fort dans la maison.

A part ça, le nouveau contrat civique à l'école est né trois jours avant Puceminus et la jeune collègue qui complète un temps partiel cette année a l'âge de mon fils et déjà deux ans d'ancienneté, c'est pas encore cette année que je vais me sentir jeune, hein.

samedi 14 octobre 2023



Samuel Paty (1973-2020)

Agnès Lassalle (1970-2023)

Dominique Bernard (1966-2023)

dimanche 8 octobre 2023

Vrac, micmac et foutrac du dimanche soir (garanti sans punaises de lit)

Ah le joli weekend ensoleillé pendant lequel on refuse de se laisser gagner par les nouvelles anxiogènes du monde car l'histoire et la politique sont d'abominables affaires, en passant du temps autour d'un verre avec des amis chers, en sachant que Puceminus se fait choyer gâter chez les aïeux Zouzou, en reprenant le chemin des cinés (Bernadette, on a bien ri avec l'Ours et Deneuve réussit l'exploit de rendre La Bernie Chirac sympatoche, faut le faire, et Le règne animal dont tout le monde dit que c'est très bien et tout le monde a raison, un vrai film de cinéma, très singulier, qui m'a saisie du début jusqu'à la fin et émue, doujésus), en jardinant un peu (j'ai rempoté mes bananiers) et en glandimanchant pas mal.

Encore deux semaines, et je serai en Italie avec l'Ours et Puceminus, qui il y a encore (vraiment) peu, se serait fait couper un orteil plutôt que de passer encore ses vacances avec ses vieux, et qui, un mois à peine après avoir quitté la maison, se réjouiiit de partir avec nous, va comprendre.

lundi 2 octobre 2023

Vrac, micmac et foutrac du lundi soir

Horrreur et putréfaction, je réalise que je t'ai laissé deux semaines sans nouvelles (comment ça, personne n'a remarqué et quand bien même, personne ne s'en serait plaint?)

Alors quoi de neuf en ce lundi soir? Après deux weekends mouvementés (mais chouettes) avec les premières représentations depuis des mois de la troupe des bras cassés dans deux théâtres (bon: un tout petit théâtre et la salle des fêtes d'un coin paumé, ok ok) d'à côté de chez moi, deux semaines un peu pénibles à l'école comme à la maison (remplacement de la chaudière, soit deux jours à subir les allées et venues et la moitié de la raie du cul de mon plombier-chauffagiste -qui ne fait jamais semblant de me la montrer, pour tout te dire-), j'aspire à un peu de calme, d'autant que je viens tout juste de me débarrasser de la chatte de Brisefer et Minimignonne, celle qui a bien fait sa loi auprès des deux miennes pendant trois semaines, qui a toujours la dalle et bouffe absolument n'importe quoi, du chocolat, du melon, des haricots verts, avec l'Ours, on devenait fous à devoir tout planquer tout le temps (en vrai elle est bien mignonne et je l'aurais bien gardée, mais ses maîtres n'étaient pas sitôt revenus de leur périple grec qu'ils voulaient déjà la récupérer). J'ai bien conscience que ma dernière phrase est imbuvable et part dans tous les sens, mais ne compte pas sur moi pour la reprendre, je suis bien assez fatiguée comme ça.

Notre nouveau ministre, tiens: après l'abolition des privilèges, de l'esclavage, de la peine de mort, il interdit les textes à trous à l'école, figurez- vous. Les textes à trous, mais parfaitement. Il veut laisser sa marque, hein, servir à quelque chose, être utile à la France, on ne peut pas lui reprocher ça. Bon, avec les collègues, on se disait l'autre jour dans la cour qu'on n'était pas très concernés en mater par cette histoire de texte à trous, mais il y avait un remplaçant dans les murs ce jour-là qui disait que si, quand même: est-ce qu'on avait encore le droit de raconter l'histoire d'Eric Carle La chenille qui fait des trous?

Et pour finir, j'ai bien ri en ouvrant ce matin en classe un livre qui appartenait jadis à Minipuce. Ah ça, elle avait le sens de l'observation, ma fille.



Post scrotum: je recommande chaudement les nouvelles de Franck Courtès, Autorisation de pratiquer la course à pieds, très bien.

samedi 23 septembre 2023

Ma toute petite, ma dernière née

Ma toute petite, ma dernière née vit loin de moi et déjà vole de ses propres ailes. Ma toute petite, ma dernière née a quitté la maison. 

Il y a eu la séparation cet été, comme un avant goût de ce qui nous attendait, une préparation avant le grand saut. Une répétition générale de la séparation, qu'elle soit plus facile, -moins difficile en tout cas-. Il y a eu les cris et les tensions comme pour aider à cette séparation, -se rendre insupportable avant de partir, pour soulager celui qui reste. Il y a eu ça, maintenant il n'y a plus rien.

Je songe à elle qui s'est si intimement fondue avec moi, que j'ai portée dans mes bras, nourrie, lavée, consolée, guidée, -supportée- .

Je songe à elle et je l'appelle. Je l'appelle pour pas grand chose, juste pour dire Je suis là. Pour lui dire Achète-toi des fruits, nourris-toi bien. J'entends sa voix qui me dit Tout va bien.

J'ai redouté ce moment où elle serait partie, et puis voilà, elle est partie, ma toute petite, ma dernière née. 

Nos enfants ne sont pas nos enfants peut-être, -mais en attendant ma fille est ma fille-.

Ma toute petite, ma dernière née. Ma petite fille tant aimée. Mon trésor, ma toute douce. Qui n'est pas mienne, qui est sienne. Qui est grande et belle et brille au soleil et qui s'en va.

 


dimanche 17 septembre 2023

Vrac, micmac et foutrac rapidos du dimanche soir

Ce weekend, Brisefer et Minimignonne faisaient de la plongée sous-marine dans la mer d'Alonissos, Minipuce avait bien choisi son weekend en amoureux avec Roucoulicoucou à Préfailles, en pleine terrible invasion de moustiques en Loire Atlantique, et hélas trois fois hélas pour elle m'a t-elle dit, je n'étais pas là pour me faire piquer à sa place cette fois-ci, Puceminus vivait sa plus belle vie à Tours, et moi je me suis reposée d'une semaine passée bien pėnichiante avec des réunions tous les soirs à l'école et d'une autre à venir, avec des répètes tous les soirs aussi ou presque, la troupe des bras cassés reprenant le chemin des théâtres les deux prochains weekends, oh yeah. À part ça, rien, et bien le bonjour chez vous.

dimanche 10 septembre 2023

Vrac, micmac et foutrac du dimanche soir et c'est reparti comme en quarante.

Puceminus qui nous avait dit et répété et mettez-vous bien ça dans le crâne que Byebye les vieux Bye-Bye Chartrescityj'enpeuxplusdecetteville, je m'en vais, à moi la liberté je respire je vais vivre enfin, et n'espérez pas me revoir avant la Saint Glinglin. Premier week end après son départ, devine quoi? Elle est rentrée. Hé hé.

Me voilà de nouveau heureuse mémèràchat de trois chattes tigrées toujours aussi difficilement différenciables de la robe comme de la gourmandise, le temps pour Brisefer et Minimignonne d'aller se faire voir chez les Grecs, au sens on ne peut plus propre, pendant leurs vacances. Les trois sont copines comme cochons, sauf au moment du repas, où elles se distribuent mutuellement des baffes (je jure) pour être dans mes bonnes grâces et se voir servie la première. Dire que je me suis enfiiin débarrassée de mes trois enfants pour devoir régler encooore des conflits de chats, pff

Je confirme avoir une classe de mignons cette année, mignons mais remuants et bavards ou alors c'est moi qui fatigue avec l'âge, parmi lesquels une petite E. de tout juste trois ans qui ne cherche qu'à se barrer de l'école et me jure les yeux dans les yeux que Maman a dit que je ne devais pas rester là.

dimanche 3 septembre 2023

Septembre

 Eh ben tu te dis, la zouzoubelle elle se fait pach', hein, à bloguer une fois par mois.

Mais après ce weekend mondain où j'ai reçu en vrac l'aïeule, sa soeur siamoise, Brisefer et Minimignonne, tous quatre en partance pour trois semaines dans les îles grecques, (les pôv), un chat de plus à garder (pour trois semaines, donc) et un neveu, il a bien fallu se résoudre à voir partir Puceminus pour sa nouvelle vie tourangelle, et désormais, je vais te dire: le reste du monde, et sa mère tout particulièrement (sisi), honestly, she couldn't care less, sweetheart, (j'ai bien l'impression) et il va falloir que je me fasse une raison: demain matin, je ressors mon cartable, par-dessus le marché.

 'reusement, il semblerait tout ce qu'il y a de plus a priori, hein, restons prudents, que j'aie une classe d'assez mignons cette année ce qui n'est que justice après celle de l'an dernier doujézu.

et 'reusement, j'ai mon Danois en fromage blanc à la Mostra de Venise pour me tenir chaud quand il fera froid.

jeudi 24 août 2023

Doutes d'août.

En juillet en Bretagne, il a plu tous les jours, tous les jours je te dis, tous.les.jours, j'ai vite compris que je n'avais aucune, mais alors aucune chance de croiser un beau Danois sur la plage. J'ai reporté tous mes espoirs sur août.

Or, en Vendée sauvage, en août, donc, hélas trois fois hélas, on ne  croise pas plus de beau Danois sur la plage que de beurre en broche en Bretagne (bien qu'il y fasse bien plus beau indéniablement), je devrais le savoir, depuis le temps. Ca manque singulièrement de chats, en plus. Et puis il n'y a que deux animaux là-bas: la guêpe le jour et le moustique la nuit. Si la guêpe est une espèce démocratique (de gauche?) et emmerde tout le monde pareillement, le moustique en revanche est fin et racé, il ne s'attaque pas à tout le monde, il ne joue qu'en comité restreint, sélectionné sur pièce. Il ne joue qu'avec moi. D'ailleurs, c'est pas bien compliqué: dès le soir tombé, tout le monde réclame ma présence auprès de lui, pour que je me fasse piquer à sa place.

Brisefer m'a donné son vieux téléphone [(vieux pour lui égale mille fois plus performant que celui que j'avais, égale je ne sais pas bien m'en servir et merdouille avec, bien qu'on m'assure qu'il soit mille fois mieux que l'autre (doute)], j'ai dû changer mes habitudes, et perdu dans la bataille pas mal de données. Et en sus, je me suis fait railler sans vergogne par cette jeunesse impitoyable (on a l'âge de ses artères ET de la taille de police de ses textos, semble-t-il). 

A part ça, août, c'était en vrac: une maison familiale pleine (de jeunes, principalement, donc), des baignades, des vagues suffisamment traitres pour me faire tenir à deux mains fermement mon haut de bikini, des écureuils farouches et roux dans le jardin et des laisse-saucisses.

 

J'étais bien contente de rentrer à Chartrescityville et de retrouver mes chatounes, qui se sont fait gâter pourrir par les Aïeux tout l'été, mais je n'étais pas sitôt rentrée, que, enfer et putréfaction, je recevais déjà un mail de la collègue d'élem qui me racontait ses vacances sa rentrée, combien elle aurait de miochons et comment elle réorganisait matériellement sa classe, ça m'a un peu gâché le retour, alors vous savez quoi? je fais la morte pédagogique. Parfaitement. 

(Allez, je vous laisse, j'ai ma classe à préparer, maintenant qu'on m'a bien fait culpabiliser, pff.)

 

[PostScrotum: août, c'était aussi de chouettes lectures: Tenir jusqu'à l'aube, de Carole Fives (très émouvant; si tu vois dans le titre la réf à La chèvre de Monsieur Seguin, tu vois bien), Sciences de la vie de Joy Sorman et Numéro 11 de Jonathan Coe, je recommande les trois.]

mercredi 2 août 2023

Di doo di doo di dah, oh di doo di doo dah

Ce mois de juillet, pour ceux que ça peut intéresser, et pour ceux qui sont là, ce fut:

- La tristesse à l'annonce de la mort de Jane B. et de toute une partie de ma vie (et de la tienne aussi, je n'en doute pas) qui s'éteint avec elle. Mon gendre préféré, effaré que je lui demande de me mettre le soir-même le replay des obsèques que j'ai ratées en direct, de constater que ça dure trois heures, et que je regarde ça (en accéléré bien souvent, hein, mais quand même) (me regardant sous le nez) Vous n'allez pas pleurer, quand même?

- Beaucoup de bonnes lectures: une chouette BD, La différence invisible de Mademoiselle Caroline et Julie Dachez et trois bons romans, Clara lit Proust de Stéphane Carlier et Offenses de Constance Debré (très différent de ses trois précédents romans -quoique toujours autour de la possibilité, ou non, d'échapper à son histoire et à son milieu-, le récit de la vie d'un jeune à qui la vie n'a pas fait de cadeau et qui assassine une vieille dame) et Ceci n'est pas un fait divers de Philippe Besson.

- La désillusion de la nomination de notre nouveau ministre de l'EN, qui n'a jamais mis les pieds à l'école publique de toute sa scolarité (à l'alsacienne), jamais enseigné ni même travaillé 'sur le plancher des vaches' après ses études, un politicien de métier, la voix de son maître en souliers vernis.

 

- Et sinon, la Bretagne, entre Finistère et Morbihan, c'est bien joli, c'est sûr, mention spéciale à la jolie ville de Quimper, mais la météo y est souvent incertaine dira-t-on pudiquement. Et pas pudiquement: plus jamais de la vie je remets les pieds en Bretagne l'été, nanmé un vrai scandale, ce pays.

                                                Seul jour où il n'a pas plu. Je mens pas.

mardi 4 juillet 2023

Joli coquelicot.

J'ai le grand plaisir (vraiment) d'annoncer tout ce qu'il y a de plus officiel, que ma Puceminus ne dormira finalement pas sous le pont Mirabeau à Tours (on a cru, à un moment) et qu'on lui a trouvé suffisamment grand pour que je puisse aller squatter chez elle si l'envie m'en prenait. Haan, avec quel plaisir j'ai désactivé les alertes d'annonces du bon coin. Le plus drôle dans cette recherche d'appart pas si drôle? un proprio qui nous dit que Elle passe son bac cette année? oui?? ah ben alors je ne prendrai aucun risque, pas question de signer le bail avant les résultats! Euh. On s'est demandé si on lui disait que le taux de réussite au bac est de plus de 90%? Et surtout que les lycéens savent qu'ils l'ont depuis avril dernier? 

A part ça, mes amis, c'est une fin d'année bien pénible à l'école, comme toutes les fins d'année, mais en pire. J'espérais bien, pour cette dernière semaine d'école de Garderie Nationale, avoir quelques élèves en moins parmi les plus pénichiants de ma classe (bien) chargée de remueurs/bavardeurs/crieurs, mais figurez-vous que (on aurait voulu le faire exprès, tss) ceux qui sont déjà partis en vacances sont ceux qui ne se font jamais remarquer, bah tiens. Mes deux crieurs sont toujours là et bien là, eux, et ils seront là jusqu'à la dernière heure du dernier jour (et devinez; quoi? ils crient toujours, à trois jours des vacances, bonne mèère). Il était dit que mon chemin de maîcresse dézécolles serait pavé d'épines bien pointues.

L'Ours et moi organisons nos vacances d'été. Ne rien faire me semblait une bonne option, mais il semblerait qu'il y ait au moins un emménagement à Tours dans les tuyaux. Puceminus étant en Vendée sauvage pour son job d'été, il va falloir que quelqu'un s'y colle, je me demande bien qui, tiens, hum. 

Je vous embrasse, et reviendrai ici parfois, quelque part entre quelquefois et de temps en temps pour être précise, selon l'inspiration, la date de naissance du maître nageur et la qualité du réseau dans les endroits reculés de France. 


dimanche 25 juin 2023

Vrac, micmac et foutrac du dimanche soir de (on n'en peut plus de ce mois de) juin

Laissez-moi vous dire à quel point c'est compliqué de trouver un appart à Tours, il faut vraiment avoir envie de se débarrasser de sa fille, hein, pour rester dans la course et ne pas se décourager, entre les prix de folaïe pour treize mètres carrés dégueus avec la douche sur le palier, et les proprios qui croulent sous les demandes et ne daignent même pas répondre aux questions et demandes de visite.

Fais comme l'Ours-mon mari (non), plante des campanules le samedi dans le jardin, arrose-les, et puis oublie-tout, tonds ta pelouse et tes campanules en même temps le dimanche.

Hier j'ai vu un papillon entrer par la fenêtre de ma cuisine et je me suis dit que Oh, toi mon coco, il faut que je te fasse ressortir au plus vite, ou tu vas mal finir, et le temps que je me retourne, devinez quoi, il y avait la Mina-Bête féroce qui me regardait avec ses grands yeux innocents et deux ailes frémissantes de chaque côté des moustaches. (N'empêche, elle bouffe aussi les mouches, et plus vite que son ombre tu peux me croire, c'est pour ça que je la garde).

Un père d'élève m'a dit l'autre jour que notre petite école, on pouvait être fiers elle était aussi bien qu'une école privée. Euh. L'année prochaine au CP, il met sa fille dans le privé, va comprendre.
 
J'ai une petite cocotte qui est partie se dorer la pilule un peu en avance sur le calendrier scolaire et qui m'a offert en cadeau de départ un collier de nouilles peintes du plus bel effet. Au sourire en coin du père au moment où elle me l'a donné, j'ai compris que c'était genre Un prêté pour un rendu, et je ne lui en veux pas, (d'autant que les chocolats dans l'autre main faisaient contrepoids, j'ai estimé).

La sortie scolaire, c'est fait, les livrets d'éval c'est fait, les rendez-vous avec les parents de grande section, c'est (àpeupresque) fait, ne restent plus que quelques pots de fin d'année, le pestacle devant les parents et (horreur, malheur) la kermesse, et je rends mon tablier pour toujours, -ou presque. Allez, deux semaines et on n'en cause plus.

mercredi 14 juin 2023

Brèves d'école

En début d'année, des parents d'élève ont demandé à me rencontrer parce que leur enfant disait beaucoup de gros mots à la maison et que ça ne pouvait venir que de l'école. J'en ai parlé ici même parce que ça m'avait un peu interloquée: qu'est-ce que je pouvais bien y faire, hein? On n'insinuait pas que c'était moi qui les lui apprenais, mais j'avais l'impression (dites-moi si je vire parano) qu'on avait, en me demandant un rendez-vous rien que pour ça, un peu l'air de penser que j'y étais (peut-être)(un peu) pour quelque chose quand même (en ne lui lavant pas la bouche au savon à chaque fois?) Bref. Et puis l'autre jour, dans le couloir, le papa de cette même famille, excédé parce que son fils lui faisait une colère dans le couloir, qui s'en va en lâchant Je pars, tiens, tu m'emmerdes!

Dans la même veine, il vaut mieux désormais, même devant des petits de maternelle, éviter de finir une phrase par quoi (ou d'être juste dure de la feuille), sous peine d'entendre à la pelle fuser les coubeh. Soupir.

(Brève de la grande école): j'ai déposé mercredi matin ma Puceminus devant son lycée pour l'épreuve de philo*. Alors on ne s'emballe pas: la philo, c'est plus que c'était, la plupart des gamins s'en foutent pas mal, ils savent déjà qu'ils ont le bac et où ils iront l'an prochain, elle n'ouvre plus le bal des épreuves mais le clôture presque (ne reste plus que le grand oral), bref, la philo, hein, et le bac version Blanquer, merci jeanfilou. Mais tout de même, j'ai eu un pincement au coeur à l'idée que c'était la dernière fois que je déposais un de mes enfants devant un lycée plein de jeunes leur convoc à la main et un proviseur en cravate et bras de chemise au beau milieu de la route qui faisait la circulation (?) (je sais, j'ai promis de lui faire un bisou sur la bouche avant la fin de l'année, on a un long passif lui et moi, remember, six ans d'amour entre nous, mais c'était pas le moment et puis je ne voulais pas perturber Puceminus avant son épreuve, j'ai remis à plus tard).

* Le bonheur est-il affaire de raison? J'espère qu'elle avait autre chose à citer que l'ours Baloo.

            Nous, on y reufleuchira quand on aura cinq minutes.

dimanche 11 juin 2023

Du vrac, du micmac et du foutrac, mais mélangé

Bon je sais que j'ai fait encore traîner les choses avant de venir causer un peu par ici, mais c'est vraiment pas de ma faute: c'est le mois de juin qui m'empêche et me fait du mal, qu'il est pénible celui-là avec ses réunions, ses évals, ses commandes à faire, ses répartitions de classe, ses préparations de sortie de fin d'année (pitié), de kermesse (achevez-moi), de pestacle devant les parents (d'un seul coup!).
 
Et puis c'est la faute surtout du graaand méchant Parcoursup qui voulait notre peau et qui nous a bien fait faire le plein de stress. But all is well that ends well, Puceminus sera Tourangelle selon son souhait, à la rentrée prochaine. J'aurais préféré Nantaise ou Orléanaise comme sa soeur ou son frère, histoire de faire d'une pierre deux coups, genre j'allais en visiter un et tiens, je voyais l'autre aussi sur place, ça m'aurait pas mal simplifié la vie, mais bon, il était dit que je ratisserais sans relâche le quart Nord-Ouest de la France dans une triangulaire infernale. (Quand je pense que je voulais cinq enfants, doujézu.) Donc si je résume, on a soutenu cette année pour le permis, le bac, la recherche d'un petit boulot pour l'été et parcoursup, on a bien mérité notre médaille au mérite, je pense (ah ah, pas zencore me souffle-t-on dans l'oreillette: il va falloir encore trouver une chambre à Tours, faire quantité de démarches au crous à la caf chez l'assureur à la banque à la sécu chez edf et signer des baux des attestations des cautions) (oui, quand je pense que je voulais cinq enfants, hein.)
 
A part ça, l'Ours est rentré de sa rando pyrénéenne avec Brisefer, ravi mais avec de la crasse entre les orteils et des croutes séchées de coups de soleil sur les joues. Fort heureusement, après seulement une séance de natation à la piscine municipale de Chartrescityville, les croûtes avaient complètement disparu (et bon appétit).
 
A part ça encore, j'avais une envie folle d'aller au cinéma voir Wahou! de Bruno Podalydès mais les critiques et copine F. m'en ont dissuadée, et j'ai eu enfin le temps de commencer le dernier Vargas, Sur la dalle, les critiques sont mauvaises aussi mais moi j'aime bien, et yihah.
 
A part ça toujours, je suis bien contente d'être bientôt débarrassée de la classe que je supporte depuis septembre, des cris du mouvement du bruit et du manque d'intérêt pour tout tout le temps de certains de mes très/trop nombreux petits élèves. Si j'ai encore une classe comme celle-là l'an prochain je démissionne* et je me fais nonne à cornette, je ne serai pas plus malheureuse, pour te dire.
 
[* Un remplaçant qui intervenait sur l'école la semaine dernière me disait qu'il n'y avait pas une école, pas une école insistait-il, dans laquelle il soit passé ces dernières années où il n'ait entendu parler d'un prof qui s'était barré/reconverti ou qui soit sur le point de le faire. Moi même, quand je discute avec des collègues, jamais un qui ne me dise à quel point il en a marre d'être aussi mal traité, considéré, valorisé, payé, et qu'il réfléchit à la meilleure façon d'en finir avec ce métier au plus vite. Perso, les projets d'Edouard Philippe pour l'école me donnent juste envie de me pendre.
Et puis le bac. Ah, le bac: on voulait reconquérir le mois de juin pour les lycéens, mais c'est carrément juin et mai qu'il va falloir reconquérir, vu qu'une fois les épreuves de spé passées à la mi-avril, les profs de Terminale doivent composer avec la démobilisation et l'absentéisme des élèves. Et puis, on a beau l'avoir entendu dire, il faut l'avoir vécu pour le comprendre bien: quel sadisme, quel stress généré sur les élèves ces résultats Parcoursup échelonnés sur un mois, qui tombent au fur et à mesure au beau milieu des dernières épreuves du bac, la philo et le grand oral. Non vraiment, quelle réussite, ce bac Blanquer.
Et puis le reste: cette honte de pacte à la noix de coco (#nopactaran) qui voudrait faire croire que les enseignants vont être augmentés sans contrepartie et que s'ils refusent de signer le pacte c'est qu'ils ne sont pas si mal payés que ça, et que par ailleurs s'ils l'acceptent c'est bien la preuve qu'ils ne sont pas débordés de travail (le chausse-trappe parfait)  (tiens, même le Figaro (!) prend la défense des profs).]
 
Ce billet est dédié à mon ami G. qui vit des heures sombres et à qui je pense très fort. La vie est chienne, profitons d'elle tant que ce n'est pas sur nous qu'elle s'acharne.

lundi 29 mai 2023

Vrac, mic mac et foutrac du lundi soir férié

Joli weekend prolongé de Pentecôte que traditionnellement j'essaie toujours de passer loin de Chartrescityville vu que des fous de Dieu défilent en hordes sauvages et sur les genoux jusqu'à la cathédrale pour leur pélerinage annuel en hurlant pire que des hooligans sous mes fenêtres. J'étais là, donc, cette année, mais j'ai soigneusement sélectionné mes endroits pendant trois jours pour ne pas faire de mauvaise rencontre. A Paris avec Puceminus d'abord pour une très chouette journée d'annive, au bric à brac, au ciné (je voulais absolument voir Jeanne du Barry, et finalement je m'en serais bien passée, le film ne casse pas trois pattes à un canari, le seul intérêt selon moi c'était Johnny Depp qui meurt de la petite vérole, ça n'arrive pas tous les jours, hein), à la terrasse d'un café avec copine F. (les fous de dieu ayant privatisé toutes les terrasses de tous les cafés autour de la cathédrale, nous nous sommes éloignées d'eux le plus possible et pourtant le croirez-vous? ils ont trouvé le moyen de glisser un flyer dans le panier de mon vélo m'enjoignant à assister à l'université d'été des fous de dieu, comme si j'avais une tête à ça d'une part et rien d'autre à foutre de l'autre, voyez s'ils sont dingues, doujézu.)

A part ça, je crois que je me suis bien couverte de ridicule hier soir quand j'ai appelé le refuge pyrénéen où l'Ours-mon-mari et Brisefer-mon-fils passaient la nuit. Entendons-nous bien: cette année, vu qu'ils sont partis tous deux ensemble, j'avais décidé de ne pas suivre pas à pas la randonnée ni d'appeler tous les soirs pour savoir si l'Ours était bien arrivé (genre: il est quand même hautement improbable qu'ils tombent tous les deux ensemble et en même temps dans un ravin, non?) Bref, ils m'avaient donné pour info leur plan de route, le nom du refuge où ils dormaient chaque nuit, mais juste en cas de souci et de souci il n'y aurait pas et basta, je dormais sur mes deux cliquettes. C'était sans compter Bellzouzou l'aïeule et Minimignonne qui tour à tour m'ont fait culpabiliser dimanche soir en me disant, pour l'une, que quand même je n'avais pas juste appelé au moins une fois pour voir si tout allait bien et qu'il pleuvait beaucoup dans les Pyrénées elle avait entendu dire, et pour l'autre, que c'était bizarre quand même que le téléphone de Brisefer quand elle appelait, bascule immédiatement sur la messagerie. Bref, on m'a bien fait sentir que j'étais deux en un une mère et une épouse indigne, je me suis donc résolue à appeler le refuge de dimanche soir du fin fond de l'Ariège profonde (le fond du fond, donc), avec l'intention de faire ça vite fait bien fait et en toute discrétion.

"- Allô? le refuge du fond du fond de l'Ariège profonde? Je sais bien que vous êtes bien occupés (j'entends en arrière fond des bruits de couverts, c'est l'heure du dîner là-bas, on mange tous ensemble à une grande table, très tôt et on se lève aux aurores)(et en plus, on n'aime pas du tout du tout répondre au téléphone, vu qu'il n'y a pas de réseau et qu'on utilise parcimonieusement une radio-téléphone réservée aux secours), je suis Madame Bellzouzou (oui, la folle qui vous appelle tous les ans, et cette année j'aurais pu m'en passer, d'accord d'accord, mais on m'y a contrainte, vous m'en voyez désolée), je voudrais juste savoir si mon mari et mon fils, [l'Ours] et [Brisefer], sont bien arrivés chez vous ce soir et si ça va bien?

- ah, je vais voir, quittez pas! (il appelle à la cantonnade, très fort) [BRISEFER]!, [l'OURS]! 

- (j'entends la voix de mes fils et mari à table) oui??

- CA VA? C'EST VOT' FEMME ET VOT'MERE QUI DEMANDE!

- (éclat de rire général de la tablée) (j'entends les deux répondre en même temps) ah oui, ça va!

- eh ben vous voyez: ça va! "

 

 

                                                                 Et sinon, toi, ça va aussi?