Oui, parfois, je rêve.
A des choses horribles la plupart du temps, il faudra que je vous en reparle.
Mais ces jours-ci, mes rêves sont étonnamment calmes. Quoiqu'il m'y arrive, je plane bien au-dessus, je ne ressens rien, je suis dé-ta-chée, les gens.
Tenez, l'autre nuit, celle qui suivit notre visite au (petit mais charmant) zoo des Sables d'Olonnes, j'ai fait un rêve total'érotique où le petit gibbon qui m'avait zieutée d'un air particulièrement lubrique, je trouve, dans la journée, jouait un rôle très actif et non je ne vous ferai pas de dessin, puis devenait un énorme gorille très velu de partout (oui, j'ai pu vérifier) qui se transformait par la suite en Fred Chichin himself et me faisait faire des choses que la Morale réprouve et condamne fermement-et que Bellzouzou l'aïeule ne supporterait pas de lire ici de toutes façons, n'insistez pas.
Eh bien ça ne m'a pas émue plus que ça, les gens, vous voyez. Ça m'a bien un peu surprise -je ne me croyais pas capable de rêver des choses pareilles, quoi-, mais c'est tout.
Par contre, je ne sais toujours pas comment je dois prendre le cou(p) de la girafe.
Non, parce que, la même nuit, les gens, celle où lors de notre visite au zoo, nous avons longuement admiré ça,

j'ai été capable de rêver que mes trois nains, sagement alignés en rang d'oignons à ses pieds, admiraient la bête en contre-plongée, quand celle-ci lentement pencha vers eux son très long cou.
Je pensai alors "hi hi elle va les lècher, hi hi ils vont être tout gluants, de quelle couleur est la langue d'une girafe, au fait, bleue ou noire?", mais la bête ouvrait au dernier moment une très large gueule et -Bellzouzou l'aïeule, ne lis surtout pas la suite!!!- leur gobait la tête jusqu'aux épaules un par un avant de les soulever dans les airs et de les recracher au loin.
(Je précise que l'Ours n'était pas dans mon rêve à ce moment-là, pas dans mon champ de vision en tous cas, sans doute était-il déjà parti ventre à terre quérir un vétérinaire-anesthésiste de girafe devenue folle dinguotte pour faire cesser le massacre. Ça ne m'étonnerait pas de lui, en tous cas.)
Non, parce que que si sur le coup la scène m'a laissée de marbre, au réveil, ça m'a turlupinée quand même un peu, hein. Je ne suis peut-être un être sans coeur oniriquement parlant, mais dans la vie vraie, je suis quelqu'un de très sensible, au cas où vous n'auriez pas remarqué. Alors forcément, je me pose des questions.
Est-il normal que même en rêve non seulement je n'éprouve aucune horreur à assister passivement à cette scène, mais que, circonstance aggravante, je me contente de constater stupidement le petit bruit étouffé que font mes enfants, la chair de ma chair, le fruit de mes entrailles est béni dans la gueule de la girafe? Que par la suite, je ne sois préoccupée que de contingences très bassement matérielles, à savoir comment récupérer mes nains, vu que la bestiole les a recrachés loin et dans des directions différentes? Que je sois même allée jusqu'à envisager de laisser l'Ours faire la sale besogne pendant que j'irais admirer les panthères?
(Question subsidiaire: est-il normal que je me réveille en pleine forme, fraîche et pimpante en me disant "quel drôle de rêve, quand même! et si je le bloguais, tiens?" En clair, suis-je une mère dégénérée, les gens?- vous n'êtes pas obligés de me répondre la vérité-)