C'est l'histoire d'une pauvre mère, oye oye misère, que son fils avait tannée toute la matinée pour pouvoir faire tranquil'peinard un bon gâteau au yaourt et à la fleur d'oranger.
La pauvre mère, oye oye misère, aurait dû se réjouir me direz-vous, d'avoir un rejeton si débrouillard, capable de confectionner intégralement une pâtisserie, allumage du four et cuisson tout à fait à point compris dans le service.
Hélas, trois fois hélas, si la pauvre mère oye oye misère se lamentait in petto (car dans l'exercice de ses fonctions elle avait pu vérifier mille fois qu'il fallait que l'enfant fût maître de ses apprentissages et que c'était en pâtissant qu'on devenait pâtisseron), c'était de penser à l'état dans lequel elle allait retrouver sa cuisine après les travaux pratiques, rien que d'y penser elle en avait mal au crâne, d'ailleurs elle s'en alla honorer son armoire à pharmacie par précaution.
Précaution qui s'avéra totalement inutile puisque non seulement le gâteau semblait fichtrement réussi, mais que, ooooooooh surpriiiiiiiiiiise, le divin enfant avait fait place (à peu près**) claire et nette derrière lui.
Plus inquiétant surprenant encore, il avait mis la table sur la terrasse (ai-précisé que l'histoire se passait à la mi-avril sous un soleil radieux?), les petits plats dans les grands et le gâteau sous la cloche à fromage, bien à l'abri des malfaisantes intentions de la bête féroce.
La pauvre mère, oye oye misère, dût reconnaître que le résultat était tout simplement angoissant ahurissant et maléfique magnifique.

Et comme dans les meilleurs films à suspens, ce n'est qu'in extremis, dans les toutes dernières secondes, au moment de passer à table et aux réjouissances et alors qu'elle se croyait sauvée que la pauvre mère oye oye misère il était écrit que sa vie ne serait qu'un nid d'épines eut enfin le fin mot de l'histoire.
Quand son fils ce héros distribua sans vergogne à l'assemblée interdite ce tract printanier:

* Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite, (mais qu'est-ce que vous allez encore imaginer?)
** Parce que c'est pas non plus l'histoire de Caroline Ingalls que je vous raconte, là, les gens, hein.