Vous n'êtes pas sans ignorer que mon Ours pour dormir revêt
ses plus beaux atours ses
boules quiès.
Or, depuis quelques jours, elles avaient une très fâcheuse tendance à disparaître.
La première fois, mon ours a dû penser que je les avais jetées et en a pris deux nouvelles dans sa petite boîte sans trop se poser de question. Parce que oui, c'est généralement moi qui décide qu'il est grand temps de les déposer à la déchetterie, après avoir apprécié longuement les critères d'ancienneté, de saleté (oui, je jauge la couleur et l'épaisseur de la couche de cérumen, n'ayons pas peur des mots) et de puanteur; ce n'est pas très glamour, je sais, mais je n'en suis plus là, le nombre d'années de vie commune avec mon Ours réduisant proportionnellement celui de mes illusions.
Mais le lendemain, constatant que ses boules avaient
encore disparu, il s'est légitimement interrogé.
Dans tous ses états c'est rien de le dire, il a cherché dans chaque tiroir de la commode, puis passé les alentours au peigne fin, sans succès aucun. Là, j'ai bien senti que mon ours commençait à avoir les patates au fond du filet. D'autant que sa boîtes de boules, qui lui dure trois ans minimum d'ordinaire, commençait à se vider à une vitesse alarmante, -et que franchement il y a de quoi inquiéter un ours avec moins que ça, hein-.
Autant vous dire que les nains sont passés à l'interrogatoire et que les plus fins limiers des RG pourraient venir en prendre de la graine tellement c'était rondement mené, mais peau d'balle et balai de crin, RIEN, pas le début d'une piste, pas même l'ombre d'un indice, à croire que les nains étaient réellement parfaitement innocents -ce qui, convenez-en, serait bien la première fois-.
C'est finalement moi qui, dans un mouvement d'horreur et d'incrédulité, ai découvert le pot aux roses.
En nettoyant derrière un pot de fleur, dans une autre pièce et un étage plus bas, j'ai trouvé, trônant au milieu des moutons de poussière, comme un moignon de crotte de rat musqué durcie, tout machouillé(1er indice), collant de bave (2 ème indice) et de poils de chat (3 ème indice, le très fatal).
L'histoire ne dit pas ce qu'il est advenu des trois autres boules disparues, nous n'excluons pas qu'elles aient été tout bonnement avalées, ce qui serait assurément dramatique puisqu'elles seraient fichues à tout jamais, quel gâchis mes zamis, en attendant l'enquête se poursuit et la bête féroce marche à l'ombre, croyez-moi.