Bellzouzou, Pensées profondes, livre XIII verset 126:
"Un blog n'est pas seulement ce qui vous arrive. C'est ce que vous choisissez de dire de ce qui vous arrive, et comment vous le dites."

Bellzouzou, Pensées profondes, livre XXIV verset 777:
"Tout est vrai, seul le reste est (peut-être) faux."

jeudi 18 octobre 2018

Jean-Louiiiis!

Après l'angine, puis le rhume, puis le rhume de cerveau, puis la sinusite puis l'extinction de voix que j'ai traînés pendant trois semaines et j'exagère rien, je n'ai pas encore recouvré toutes mes facultés vocales, et je ne peux plus crier dans les aigus.
Or, crier dans les aigus, ça m'est très utile pour deux choses fondamentales: appeler mon chat le soir pour qu'il rentre à la maison, et crier Jean-Louiiiiis. (Pour le sexe, -je sais qu'il y en a qui se demandent-, je peux jouir dans les graves, en cas de nécessité.)
Mais trève de plaisanterie, si c'est pas du malheur ça, qu'est-ce que c'est, justement, comme de par hasard, jeudi soir prochain, crois-moi pas si tu veux, je vais voir Jean-Louis au théâtre de Chartrescitymaville.

tu m'crois pas, t'as tort, tu vois.

Comment je vais faire pour crier Jean-Louis si j'ai pas mes aigus, hein, je me lamente depuis plusieurs jours. Je vais te dire, m'a répondu l'Ours: au théâtre de Chartres, Mâdâme Zouzou, on a des places assises et l'ambiance feutrée, on est entre gens civilisés, il n'est pas question que je t'entende crier, ni me crier dans les oreilles par la même occasion, dans les aigus comme dans les graves, et tiens-toi-le pour dit.

mardi 16 octobre 2018

Les petits cadeaux.

Ce que j'adooore, hum, dans ma vie de maîcresse, c'est les petits cadeaux de mes élèves que je trouve régulièrement sur mon bureau.

(Je trouve que c'est du même ordre que ce que ma Bête Féroce me laisse en offrande sur mon paillasson.)

dimanche 14 octobre 2018

Letoutenvraquetmicmac...


....après un chouette weekend que j'ai passé à l'expo Picasso période rose et bleue au Musée d'Orsay, et à  Klimt en lumières (il y a des gens pisse-froid qui m'ont dit que c'était nul, et qu'il valait mieux aller voir les tableaux de Klimt plutôt que leur mise en lumière et guesswhat, ces mêmes gens pisse-froid sont allés voir Chartres en lumières (je vous jure) (amis Chartrains, vous pouvez rigoler un petit coup), à lire La vérité sort de la bouche du cheval de Meryem Alaoui, drôle comme tout, que je recommande et à cinémater avec mon cher Romain Duris dans Nos batailles, (pas mal)(sans plus)(j'ai un peu l'impression de vieillir et de ressembler de plus en plus à l'aïeule Zouzou, parce que pendant le film je me disais que Romain, il faudrait peut-être qu'il songe à se faire un peu couper la tignasse). 
Bref, un weekend chouette, je disais, ça serait parfait si demain il ne fallait pas retourner à l'(nan rien).

jeudi 4 octobre 2018

Tout arrive. (Non mais sans blague)

J'ai passé des années à demander à Brisefer-mon fils de ranger ses affaires sales qu'il laissait traîner par terre partout tout le temps et quoi qu'il arrive, un jour j'ai découvert qu'il était en réalité (mais ailleurs que chez moi) un professionnel du rangement, (et ça m'avait déjà pas mal secouée, à l'époque),
mais hier, au téléphone, (il a fallu que je m'assoie), il m'a annoncé qu'il avait investi dans un panier à linge. 


(presque) aucun rapport
 (c'est juste que ça manque furieusement de Mads par ici depuis quelque temps)
(vous trouvez pas?)

lundi 1 octobre 2018

Tout petit vrac, micmac et foutrac vitfé du lundi soir.

J'ai commencé aujourd'hui un nouvel atelier avec mes petits élèves: l'atelier "mouchage" (vrai de vrai): on se met sur le tapis, on prend chacun deux ou trois mouchoirs en papier, et on souffle comme un éléphant, celui qui fait le plus de bruit a gagné (ou-ais, c'est très compèt-compèt', dans ma classe) (mais après, ils sont suuuper bien armés pour les grandes prépas parisiennes, moâ, mes élèves).
J'ai l'air de rigoler, comme ça, mais je vous jure que j'ai réellement appris à la plupart qu'il fallait se moucher, tiens donc, quand on a de la morve ocre, jaune ou verte (vise un peu ce camaïeu) qui vous coule du nez, et vu l'état des gosses après nez débouché (j'en ai entendu soupirer d'aise)( je le jure), je ferai ça tous les jours, je vais même l'inscrire à l'emploi du temps.
Pourquoi je vous raconte ça déjà? Ah oui, pour dire que je suis enrhumée. Et que je ne suis pas sûre que les parents d'élève fassent toujours parfaitement le job. Mais c'est peut-être pas très politiquement correct de le dire. (C'est pour ça que je le dis pas fort).

Ce weekend, nous avons reçu chez nous pour un café un couple et sa petite fille avec lesquels nous échangerons prochainement notre maison. Comme depuis quelque temps la Bête Féroce nous fait de l'anorexie et de la dépression sévère chaque fois qu'on la met en pension chez les Aïeux Zouzou, on avait décidé de vanter ses mérites et son poil soyeux à nos échangeurs, afin qu'ils nous la gardent pendant l'échange. C'est une chatte vraiment très facile à vivre, affectueuse, indépendante, il n'y a pas plus mignon qu'elle, jamais un miaulement plus haut que l'autre, et blablabla. Croyez-moi pas si vous voulez, mais elle a attendu le moment précis où elle était le centre de l'attention et faisait l'admiration de tous, pour mordre la main de la petite qui la caressait.
Et toc, qui c'est qui va aller se laisser mourir de faim chez les Aïeux, du coup, hein?

[Vu Mademoiselle de Joncquières (c'est juste moi, ou c'est vraiment très con de raconter toute l'histoire sur l'affiche, humm?), une langue très littéraire, parfois un peu (trop) théâtre filmé peut-être et Edouard Baer a une espèce de chuintement que semble-t-il je suis la seule à entendre, qui m'a gênée pendant tout le film, mais j'ai aimé.]

dimanche 23 septembre 2018

Vrac, micmac et foutrac du dimanche soir

Pas grand'chose à raconter, après un weekend tout tranquille de derrière les fagots.

Je suis allée voir Première année, qui se laisse voir, justement, sans plus, car (essayez de bien suivre, ce qui va suivre va être un peu alambiqué) mis à part la scène finale qui bien qu'un peu prévisible n'en reste pas moins émouvante, le fait que Vincent Lacoste soit le portrait craché de mon neveu aîné (si je veux, j'ai un neveu aîné) et que par conséquent je le trouve très attachant, et mis à part également que ce film te fait bénir Fjörgynnistreksjöd, le dieu danois de la très grande chance, qu'à priori aucun de tes enfants ne fera Médecine, il n'en reste pas moins qu'il ne casse pas trois pattes à un canari.

Aucun rapport (je crois): la question de philo à laquelle doit répondre Minipuce ces jours-ci, c'est un problème sur le quelque chose et sur le rien (je vous jure)(et bon appétit, les amis.)

À part ça et pour finir, figurez-vous que Puceminus a cette année au collège le prof de maths que son frère a eu lui aussi en troisième. "Ton frère était un élève très sérieux", lui a dit le prof, nous raconte-t-elle au dîner. 
"- et tu lui as répondu quoi?  
- bah, qu'est-ce que tu voulais que je lui réponde??
- euh, qu'il confondait forcément avec un autre, par exemple."

jeudi 20 septembre 2018

Bref.

Ayé voilà, mon fils habite avec sa copine, la Touteminimignonne de mon coeur (et aussi du sien), qu'avec votre permission je vais rebaptiser de ce pas Minimignonne, non qu'elle soit moins mignonne qu'avant, juste pour faire plus court, parce qu'à mon avis je vais souvent parler d'elle ici. Notez bien, depuis quelques jours, quand je téléphone à mon fils, il est toujours en train d'installer ou de monter un truc chez lui, l'idée m'a donc traversée de le baptiser autrement lui aussi, parce que Brisefer, c'était avant.

A part ça, pas grand'chose. Ne me dites pas que ça fait seulement deux semaines et demie qu'on a repris, je vous crois pas. D'autant  que mes élèves progressent déjà à vue d'oeil: j'ai entendu une petite section chantonner On s'en bat les couilles, on s'en bat les couilles, on s'en bat les couilles (air mélodieux). A ce rythme-là, je me demande ce qu'il va me rester à leur apprendre d'ici la fin de l'année, hein.

[Je recommande la lecture de Belle et bête, de Marcela Lacub, où Dominique Strauss Kahn est peint en homme-cochon érotico- maléfique magnifique, et qui m'a beaucoup amusée, et côté films, j'ai vu, longtemps après tout le monde, 120 battements par minute, qui m'a bien secouée, et l'Ours m'a traînée dès sa sortie (hier) voir les frères Sisters (un Audiard ET un western ET une bonne critique dans le Canard, tu penses), eh ben c'est looong et poussif et ni drôle ni touchant ni surprenant, et Joaquin Phoenix n'a rien pu faire pour moi, c'est dire.]

jeudi 13 septembre 2018

Brèves d'école.

Un petit, finissant son puzzle et narguant son voisin, qui tarde à finir le sien C'est moi qu'a fini le premier c'est moi qu'est le plus fort dans les puzzles (avisant mes yeux froncés désapprobateurs) mais maîcresse, j'a pas dit que je suis le plus fort pour tout, j'a dit "dans.les.puzzles"!
( j'ai hésité à lui dire qu'il n'était pas le plus fort en conjugaison, par exemple, vous pensez bien).


Des nouvelles de mon papa surprenant (encore lui) (à sa décharge, c'est son premier petit à l'école, hein)
"- je voudrais vous demander: pourquoi vous avez changé les vêtements de [son fils] lundi?
- euh..vous voulez dire qu'on s'est trompé de vêtements en le rhabillant après la sieste et qu'il est rentré à la maison avec les vêtements d'un autre? [ ça arrive quelquefois, ndlr]
- non, il avait d'autres vêtements, et les siens étaient dans un sac tout mouillés.
- ah. Il a dû faire pipi, alors et il a été changé.
- ah?
- oui, on a mis ses vêtements mouillés dans un sac et on lui a prêté des vêtements propres.
- Ah bon.» (attrape la main de son fils, salue aimablement et tourne les talons.)

Une petite dernière (je vous préviens, elle est dure)
Dimanche dernier, je fais un vide grenier avec ma cop F., qui cherche des puzzles pour sa classe. Je lui fais remarquer qu'elle n'est jamais sûre d'avoir l'ensemble des pièces en achetant d'occasion. Ce n'est pas grave du tout, tu sais, me répond-elle, si mes élèves réalisent au dernier moment qu'il manque un morceau pour finir le puzzle, eh bien c'est dommage et tant pis pour eux! (je vous avais prévenus, qu'elle était dure) (nan, en vrai, elle n'achète pas si elle n'a pas fait recompter devant elle pièce par pièce les petits enfants qui vendent leurs puzzles sur le vide-grenier.)

vendredi 7 septembre 2018

Brève de fin de première semaine de classe.

Alors j'ai cette année beaucoup (trop) de petits élèves (fermeture de classe dans l'école oblige), et je dois me réhabituer doublement au bruit, au mouvement, et au serrage de sardines dans ma classe. 
Après trois jours de découragement intense (jeudi soir, sitôt sortie de l'école, je suis allée acheter une carte de dix entrées à la piscine pour me vider la tête (au moins dix fois dans les semaines à venir, donc), oui j'ai fait ça, ça vous dit comme j'étais mal), aujourd'hui je reprends espoir, en même temps que du poil de la bête*, parce que j'ai des petits relous, mais choupinous quand même. La palme** à G., qui sera, je le devine, mon fournisseur de bons mots cette année, trois ans au compteur mais il parle comme vouzémoi (et peut-être même encore mieux, vous allez voir), qui m'a dit ce matin: Maîtresse, j'en ai marre de jouer à ce jeu, est-ce que je peux sortir de table?

* en parlant de poil de bête, la bête féroce, parce qu'elle nous colle toujours de très près quoi qu'on fasse, a réussi à poser sa queue pile poil sur une bande dépilatoire de cire froide, bande qui s'est illico enroulée en collant autour, ce qui l'a mise en panique immédiatement (il lui en faut peu, je suis d'accord avec vous); elle s'est mise à courir dans toute la maison en sautant partout et en poussant des cris (je vous jure) et j'ai eu un mal de chien à l'attraper, puis à décoller la bande (j'ai épilé une queue de chat, il y en a pas beaucoup qui peuvent en dire autant, je pense), puis à nettoyer la queue poisseuse comme j'ai pu (j'ai bien conscience d'écrire de drôles de trucs, là). La bête féroce a fait le reste, elle s'est léchée consciencieusement pendant des jours et des jours, mais n'a pas pu éviter l'inévitable: elle est vraiment ridicule avec sa queue pelée et je crois qu'elle en a parfaitement conscience, vu qu'elle n'a plus mis une moustache dans le jardin depuis.

** et la palme du papa le plusse (le plusse quoi, au juste?surprenant?) à celui qui a dit ce matin, parce que l'atsem et moi lui faisions diplomatiquement remarquer  que son fils ne portait pas de culotte sous son pantalon depuis le jour de la rentrée, que c'est parce qu'il n'en avait plus à la maison, elles ont été jetées parce qu'il les avait toutes salies, mais que, comme on insistait sur le problème de pudeur et d'hygiène (un peu, hein), il allait lui en acheter d'autres, et merci de lui en avoir parlé.
On est toujours content de servir à quelque chose, hein.

dimanche 2 septembre 2018

Il était une fois.

Laissez-moi vous conter l'histoire de la fille, pas très charitable, qui le jour (des nombreuses allées et venues ici et là) de la pré-rentrée se marrait comme une baleine parce que son atsem n'arrêtait pas de glisser sur le parquet de la classe Ah ben ça on peut dire que tu l'as bien ciré pendant les vacances, ton parquet! et qui finit par faire elle aussi une chute de toute beauté et par la même occasion, en voulant se rattraper (mal), un somptueux tour de rein de derrière les duplo. A deux jours de la rentrée, qui dit mieux, hein?

Laissez-moi vous conter l'histoire de la fille, toujours la même et le même jour, qui voulant faire un peu de rangement dans sa classe, se fit tomber tous (T.O.U.S) les puzzles en bois sur la tête et en fut quitte pour refaire, accroupie sur son parquet ciré et son tour de rein sur le dos, le perroquet la tortue la coccinelle le poisson et la guenon en pleurant au téléphone avec sa mère Nan ça peut pas attendre lundi que les gosses les refassent, tu te rends compte un peu le mauvais effet que ça fait sur les parents une classe avec toutes les pièces des puzzles mélangées dès le premier jour?

Laissez-moi vous conter l'histoire de la mère d'élève qui téléphone vendredi soir 18 heures bouche en coeur et ronds de jambe: Bonjooooour, je voudrais incrire ma fille et lui faire visiter l'école, je peux passer quand?? 

Ben lundi matin jour de rentrée ma petite dame, pff.

Et enfin, avant de tourner définitivement la page de ces vacances, laissez-moi vous conter l'histoire de l'Ours-mon-mari-au-grand-coeur, qui pendant notre séjour vendéen, constatant chaque soir ou presque la présence dans le jardin de son père d'un jeune chevreuil, et soutenant la thèse selon laquelle avec les allées et venues des voitures la pauvre bête désespérée se retrouvait prise au piège, -on le voit bien, qu'il est tout jeune, il doit être en panique complète de ne pas pouvoir s'enfuir, pauvre bête! -, laissait chaque soir systématiquement et complaisamment le portail grand ouvert pour lui permettre de s'échapper, a eu la surprise de voir un beau soir le bestiau s'enfuir devant lui en sautant, sans problème aucun tu penses, les deux mètres de clôture juste à côté du portail -ouvert, donc. 

L'histoire ne dit pas si le chevreuil s'est retourné pour lui faire un clin d'oeil (ou un doigt d'honneur), c'est bien dommage, avouez.


Tu es mon chevreuil superbe et généreux, chaton.

Et pour finir, mes zamis, bonne rentrée à ceux qui la font, petits et grands, et à ceux qui ne la font pas encore, -Brisefer et Touteminimignonne, tiens, au hasard, même pas encore officiellement concubins et déjà partis se dorer sur des îles grecques-, je dis: la roue finit toujours par tourner, il faut le savoir.

dimanche 26 août 2018

Vrac, micmac et foutrac de fin de vacances.

Je me disais ce matin, en allant acheter mon pain: il y a quelque chose de changé dans l'air. Je n'étais pas sitôt entrée que Ca commence à sentir méchamment la rentrée, dites donc, m'a dit la boulangère avec un petit air d'entre deux airs. Mais ta gueule, aaah, ça doit être ça qui me fait tout bizarre ces derniers jours, je lui ai répondu poliment. A quelques heures de la pré-rentrée, je ne cherche pas la bagarre, j'ai déjà assez de soucis comme ça.

Il y a quelque chose de changé dans l'air, et c'est pas seulement la rentrée qui fait ça, mais je n'ai pas dit à la boulangère ce que c'était parce qu'elle m'avait bien assez énervée comme ça avec son histoire de rentrée. A toi je le dis, parce que tu m'es sympathique et que tu sais me prendre par le bon bout:

Brisefer mon petit garçon aux cheveux d'or, il est brun comme un espagnol à présent mais là n'est pas le propos, Brisefer mon petit garçon disais-je, 
(j'ai du mal à l'écrire) Brisefer mon petit garçon, dans quelques jours, 
il se met en ménage.
Si c'était avec une autre, je m'y opposerais formellement, tu penses bien. Mais comme c'est avec Touteminimignonne, je ne peux rien dire. C'est quand même pas de la faute de mon fils si elle est touteminimignonne, hein. (le pauvre).
Bref, quand je pense qu'il y a quelques années je me plaignais que mon fils avait déjà dix ans, passait le brevet, le permis, le bac, devenait étudiant, il n'y avait donc personne pour me prévenir qu'un jour il irait habiter avec une fille?
(J'ai toujours su que je n'avais pas d'amis).


Côté culture, je suis allée voir, sur les recommandations de Brisefer, encore lui, Dogman, thriller italien mêlant drogue et pauvreté, amitié et trahison et vengeance terrible en apothéose, décors de banlieue désuet et glauque à la fois, remarquablement interprété. Je recommande grandement. 
Et c'est pas faute d'avoir essayé, -les cent premières pages à peu près-, mais Les Bienveillantes de Jonathan Littell, ça n'était pas possible, une lecture aussi éprouvante je trouve ça insupportable, au sens propre.

Et pour finir en toute beauté, laisse-moi te raconter la dernière de ma petite dernière, Puceminus, à qui je rappelais l'autre jour qu'elle est la seule de la famille à être née après l'an deux mille et à n'avoir pas connu le siècle dernier, et qui a tourné vers moi ses grands yeux innocents:

«Pourquoi? Il s'est passé des trucs?»




dimanche 19 août 2018

J'adore mon maillot de bain.

Cet été, je n'ai pas eu de veine, j'ai été maudite du maillot de bain.

Le soir de la finale de la coupe du monde, j'avais posé mon maillot à sécher sur ma terrasse catalane, sans me méfier, aah petite malheureuse, de la redoutablaffreuse Tramontana. Ma culotte de maillot de bain s'est envolée par-dessus les toits, du moins c'est ce qu'on suppose, vu qu'on ne l'a jamais retrouvée. À l'heure qu'il est, elle doit voler quelque part au-dessus de Barcelone et il y a pire, comme endroit où planer dans la vie, c'est ce que je me dis pour me consoler, parce que j'adore mon maillot de bain.

Le soutif, lui, va comprendre, est resté bien sagement sur la terrasse, avec le recul, je me dis qu'il devait préparer un coup encore plus sale que la culotte.


J'ai dû m'acheter une nouvelle culotte de maillot de bain, noire, et qui faisait mémère d'après Puceminus, mais qui avait le mérite d'aller avec tout et surtout avec mon soutif, c'était bien là le principal, j'adore mon maillot de bain, -surtout qu'il ne m'en reste plus beaucoup à ce moment-là-.

Pour me baigner dans les eaux cristallines et calmes de la Costa brava, j'avais retiré, comme il me permet de le faire (ce maillot de bain est vraiment chouette, je l'adore), les cordons de mon cache-tété,

[J'explique. Ce que je trouve le plusse hideux esthétiquement parlant dans la vie, après la coiffure de Donald, c'est la marque blanche dans le cou des cordons du cache-tété, et c'est mon droit le plus strict.
Là, tu pourrais légitimement me rétorquer que si je ne veux pas de marque sur le corps, je peux aller me baigner toute nue. (Oui, mais j'adore mon maillot de bain, souviens-toi.)]

mais quand je suis allée me baigner, quelques jours plus tard, dans les eaux sablonneuses et houleuses de la Vendée sauvage, je n'avais pas mes cordons de cache-tété, or j'en aurais eu le plus grand besoin et si je savais faire un dessin, tu te représenterais mieux la Bellzouzou agrippant désespérément des deux mains son soutif à chaque vague pour éviter de le perdre à tout jamais, ça serait bien dommage vu que j'ai déjà perdu la culotte. J'adore mon maillot de bain, je te rappelle.

Mes cordons de cache-tété, j'en aurais eu le plus grand besoin, disais-je au conditionnel passé, puisque je les ai perdus. Ils ne se sont pas envolés le soir de la finale, je crois qu'ils sont plutôt enfouis sous le sable de la plage de Calella de Palafrugell, et il y a pire comme endroit où être enterré dans la vie, je me dis pour me consoler. C'est qu'avec ma malédiction du maillot de bain je deviens fataliste, dis donc.

Si je fais l'inventaire, donc, comme maillot de bain, il ne me reste plus qu'un cache-tété, dépareillé et sans cordon.
J'adore mon maillot de bain, je te l'ai déjà dit?

dimanche 29 juillet 2018

Y a personne?

Mes zamis, j'avais envie de passer vous dire bonjour, mais je vois bien qu'il y a personne.
Dommage, j'avais trois quatre trucs à  raconter, comme les jolies vacances que j'ai passées sur la Costa brava, à arpenter les chemins caillouteux et pentus en plein cagnard pour trouver the petite crique qui se mérite (on ne change pas un mari qui gagne), où il n'y a pas grand monde et en tout cas personne qui soit descendu par le chemin (les petits joueurs avec un bateau), où donc tu peux étaler trois serviettes côte côte (mission impossible sur une plage à accés facile), et te baigner dans une eau plus chaude que celle de ma baignoire, et turquoise et limpide avec ça (c'est tout).
Ah, et j'ai tellement aimé les trois musées du fameux 'triangle Dali' (Figueres, Pubol et Portlliga) qu'à un moment sur la route du retour, je voyais ses moustaches, au Salvatore, un peu partout, (même aux endroits que j'aurais jamais cru)

Tu les vois, toi aussi?

Côté lectures, de (bonnes) idées pour celzéceux qui en cherchent:

La vie princière de Marc Pautrel, qui raconte une rencontre amoureuse sur cinq jours, vouée à n'avoir pas de suite. Je voudrais juste dire à l'auteur, sachant que l'objet de son amour lit ses livres,- il le sait elle le lui a dit -il y a quand même de grandes chances qu'elle se jette dans ses bras auprès s'être reconnue dans cette si belle description. Ou alors elle est folle. A moins qu'elle n'existe que dans son imagination et que tout cela ne soit que roman.

Tous les matins du monde (jamais vu le film, tu le crois, ça?)  de Pascal Quignard dont je n'avais jamais rien lu (tu le crois, ça?) Poétique et lent à souhait, très beau.


Le lambeau de Philippe Lançon, lecture très éprouvante. Il y est question, face à l'enfer d'une situation, -l'attentat à Charlie hebdo, une blessure de guerre au visage, un séjour prolongé à l'hôpital, la souffrance-, de fuite par la pensée à travers des souvenirs littéraires, musicaux, picturaux, qui apaisent et consolent et soutiennent.

Il y est question aussi de reconstruction - d'un visage, d'une vie-, d'amour - l'amour d'un père, d'une mère, d'un frère, des amis, d'une femme -, de peur, de cauchemars, de mort, mais aussi de souvenirs de la vie d'avant et, entre les lignes, d'espoir pour la vie d'après.

[Et stupéfaction de lire au détour de l'histoire que les cousins pyrénéens de ses parents dont parle brièvement l'auteur sont des personnes qu'ont très bien connues les parents et grand- parents de l'Ours. (Leur fils, des années plus tard, a fait visiter sa cave d'affinage et donné à goûter à mon Brisefer qui n'allait pas encore à la petite école son premier morceau de Bethmale, ce qui n'a pas été sans conséquence sur le reste de sa vie (il y en a qui comprendront). #c'estdinguecommelemondeestpetit].


Qui a tué mon père? d'Édouard Louis. Je livre tel quel le point de vue de Bellzouzou l'aïeule, qui devait être bien remontée après avoir lu le livre si j'en crois le post-it rageur qu'elle a laissé dedans avant de me filer le bouquin: "Livre d'une parfaite mauvaise foi et haineux. Accuser les politiques de tous ses propres malheurs, comme s'il y avait un déterminisme social inéluctable  et qu'on ne puisse intervenir sur son propre destin est lâche et petit. J'ai détesté ce livre." Je ne partage pas vraiment son avis, je suis assez d'accord avec l'auteur quand il dit que les personnes qui «font de la politique» sont celles qui sont les moins impactées par les décisions politiques. Et puis j'y ai surtout lu une déclaration  -alambiquée- d'amour à son père.


Et pour finir, des nouvelles de la Bête Féroce. Elle va très mal. L'âge aidant, ça se confirme, elle fait de la dépression nerveuse chaque fois qu'on la laisse aux aïeux Zouzou pendant nos vacances et se laisse mourir de faim (presque). On la récupère toute gringalette et en manque flagrant d'affection. Quand on sait avec quels soin et dévouement les aïeux s'occupent d'elle on mesure son ingratitude. Et puis elle nous ferait un peu de chantage au suicide pour pas qu'on parte en vacances que ça ne m'étonnerait pas.

lundi 9 juillet 2018

(Bonnes) vacances

Un jour, peut-être, je te raconterai l'histoire du mois de juin le plus rempli et le plus fatigant du monde, tellement fatigant que tu n'arrives pas à dormir la nuit tellement tu es crevée -et tellement il fait chaud aussi, peut-être.
Mais là c'est juillet, c'est vacances et c'est pas plus mal.
Je vais enfin pouvoir faire un sort à la pile de livres qui me fait de l'oeil depuis des semaines


ranger ma maison pour y accueillir les Catalans chez qui nous irons (mettre le bordel) pendant ce temps,
et bronzer de façon uniforme (j'ai le bronzage agricole, j'ai l'air fin)
Je n'ai pas d'autre objectif pour les jours à venir, je te jure.
Bon été à toutezétous, profitez (donc!)!

dimanche 1 juillet 2018

La désenchantée (sur un air connu).

On m'a demandé en com' des nouvelles de ma pièce. Elle va bien, elle te remercie, elle est finie jusqu'aux prochaines dates, (en septembre). Fin septembre donc, officiellement, on avisera, il y en a qui veulent arrêter, d'autres qui veulent poursuivre, ce ne sont pas toujours les mêmes selon qu'il y a trois chats, quarante moutons et quel est l'âge du capitaine. Mais on a été superbienheureux de jouer, on a été fort bien reçus partout, on a vu du pays, on a rencontré de chouettes personnes, alors Madame Irma te fait dire qu'il est fort probable qu'on continue.

Et puis on a eu des surprises, des publics très différents qui ne rigolaient pas toujours aux mêmes moments de la pièce, et même à des moments très inattendus, par exemple le seul moment un peu sérieux, poétique en tout cas, de la pièce qui a fait hurler de rire le premier soir, et plus jamais ensuite. Le premier soir, c'était nos amis proches et familles, je n'en dirai pas plus, par égard pour eux, les autres fois, on ne connaissait personne de chez personne. Même si on a eu, là aussi, parfois des surprises:

A un moment de la pièce, je dois faire mon aguicheuse (= rouler des hanches et sortir les tétés) et dire "je cherche un partenaire plutôt beau, pas ringard, un peu Gary Cooper, en moins mort, en moins star, un mec qui ait du blé(...) si tu vois ce que je veux dire *
à ce moment-là, je suis un peu obligée de chercher un partenaire éventuel parmi les gens dans l'auditoire, donc
(apparté: en général, sauf quand j'y suis absolument contrainte, je m'abstiens formellement de regarder le public, je regarde au-dessus des têtes, on m'a appris à faire comme ça quand j'étais (plus)jeune, le quatrième mur il existe bel et bien et je suis toujours surprise quand mes camarades de jeu me disent après coup - Tu as vu la tête du gars au premier rang quand j'ai dit(..) - nan, j'ai pas vu, je ne regarde pas, tu sais bien
d'ailleurs, en général, on ne voit pas grand chose avec les projecteurs dans les cils, et ça m'arrange bien de ne regarder personne en particulier quand je fais mon aguicheuse, tu vois.)

Mais un jour, on jouait en plein air et en plein jour, dans un jardin, (à 40 km au nord du département, chez un particulier qui avait invité ses amis pour l'occasion, nous ne connaissions personne, j'insiste), c'était le soleil qu'on avait dans les cils, mais on y voyait parfaitement (comme en plein jour, à vrai dire) tout le monde, du premier au dernier rang.
Quand j'ai dû dire ma fameuse réplique, donc, j'ai balayé le public du regard, j'étais assez mal à l'aise pour tout vous dire, quand tout à coup, mon regard s'est posé sur un gars très très beau, le sourire jusqu'aux oreilles, qui quand j'ai dit si tu vois ce que je veux dire, m'a fait de grands signes affirmatifs de la tête.
Tiens, je me suis dit, il y a un gars au fond à gauche qui est particulièrement beau et sympathique et qui a fait de ce moment un peu gênant (n'est-ce pas?) un moment agréable et peut-être plus si affinités, quand ce sera l'heure de saluer, je regarderai encore de ce côté-là (tu penses).

Au moment du salut final, j'ai vu que ce gars, c'était l'archi qui a construit ma maison et que je connais depuis quinze ans.

*L'indémodable (hum) Patti Layne.